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SCÈNE III

Les Mêmes, LE CORTÈGE.

candélabre. Voyez d'abord les gardesveilleuses qui se consument d'ardeur nuit et jour pour le service de leur prince. Voici les lanternes qui diligent la marche en éclaireurs ; les petits bougeoirs, symboles touchants d'une fidélité aveugle. Ceux-ci sont les rats-de-cave, grands partisans du droit de visite. Attend in ! saluez le sultan Lumignon XII, ce prince populaire, porté par quatre Syndics de la corporation des épiciers; le voilà suivi de es grands dignitaires :1e prince Girandole, un des plus beaux ornements de la cour; Godet, liquidateur des finances, qui a toujours du trop-plein dans ses caisses; Lante ne-Sourde, grand juge du royaume; Grand-Bec, conseiller discret; Es/, rit-de-vin. subtil diplomate... il devine tout. Admirez les filles d'honneur de la printesse : les demoiselles Cire-vierge, dont l'é-

clat est au89i pur que V étoile; les jeunes Car celles, ses s<rurs, de petits modèles qui ne bronchent pas ; puis la princesse [strate elle-même qui est montée... au plus haut degré de sa splendeur; enfin ces jeunes Feua>Follets, ce sont de ces petits sauteurs dont la flatterie égare trop souvent les princes; les Lampes Giorno qui éclairent la marche de la princesse. (Tout les pei nages ont défilé dans l'ordre indiqué. Le sultan Lumignon, porté sur une espère de pavois, a pris place sur son trône, et tous les dignitaires se sont rangés autour de lui.)

candélabre. Silence ! sa clarté va parler. LUMIGNON. Mes bien-aimés sujets, votre sultan Lumignon XII ne se montre à vous que dans des jours de réjouissance. ..il brûle d'amour pour son peuple, et ne demande qu'il répandre ses bienfaits. La mémoire de mon prédécesseur, feu Lumignon XI, éteint pré aturément, esi restée en bonne odeur, auprès de vous. C'était un prince fumeux, (se reprenant) c'esi-à-dire fameux, que j'ai souvent éclipsé, malgré son illustration. Mais aujourd'hui, les r (lies m'ont épuisé; je sens que je baisse considérablement... et que mes facultés s obscurcissent de plus en plus...

Air : Ma Tante Urlurette.

Quand je redouble d'ardeur

Pour faire votre bonheur,

Savez-vous qui m'en empêche?

Gny'a plus mèche!

Gny'a plus mèche,

Hélas ! gny'a plus mèche.

Renouvelant chaque jour Mon ministère et ma cour, J'ai beau changer de bobèche,

Gny'a plus mèche!

Gny'a plus mèche.

Chez moi gny'a plus mèche.

candélabre. Hélas ! ninginnime souverain, nous nous en sommes aperçus à la dernière fête, vous paraissiez bien bas.

lumignon. Oui, lues amis, je le sens, il est temps que je file.

tous. Oh ! là ! là ! (Ils se détournent.)

astrale. Ah! mon papa, quelle extrémité fâcheuse !

LUMIGNON. Ma chère Astrale, loi qui à peine âgêedeirots fowfm*étais déjà un prodige de lumière, j'abdique aujourd'hui en ta faveur; puisse ta carrière avoir autant d'éclat que celle de ion père.

astrale. Mieux que ça, papa.

lumignon. Approche, ma fille, et viens me succéder dans les formes consacrées par nos lois. {Astrale monte les degrés du trône,

LE SAC A

s'approche de Lumignon, V embrasse, et I souffle sur lui, il s'éteint . A ce moment la nuit se fait. Tout à coup une éclatante lu- \ mière entoure le trône.)

candélabre. Vive la reine Astrale !

Choeur de Lucrezia Borgia.

Vive, vive la reine Astrale, Dont la clarté n'a pas d'égale !

Vivo, vive la reine Astrale Qui commence à briller pour nous !

astrale, au peuple.

Pour la fête, autour de la salle, En ifs, en cordons, rangez-vous.

CHOEUR

Vive, vive la reine Astrale!

Etc., etc.

(On a emporté le sultan Lumignon.)

Les MÊMES, excepté LUMIGNON, puis HASSAN.

astrale, dehout sur l'estrade. Où sont ces petits étrangers qui, dit-on, sont venus à tâtons jusque dans notre empire?

Candélabre. En voici cl^jà un. [A Amina. ) On vous permet de vous approcher, là... on vous permet de vous prosterner. .. là... bien ! A présent, on vous permet de faire votre compliment.

amina, à genoux sur les marches. Je viens, étincelante princesse, demander à votre splendeur quelques minutes d'audience pour mon jeune maître, le prince Sidi- Hassan.

astrale. Un prince des pays ténébreux ! Je suis curieuse de le voir.

candélabre. Qu'il entre !

amina, à part. Le cœur me bat. Du courage! (Hassan entre les yeux couverts d'un bandeau, Candélabre le lui ôle.)

hassan. Noble princesse...

astrale, assise sur le trône. Silence ! et regarde^moi si tu l'oses.

hassan. Je l'ose.

astrale. Eh bien?

hassan. Eh bien ! je vous trouve charmante !

astrale. Voilà tout ?

HASSAN Comment, voilà tout?

astrale. Tu n'es pas ébloui, confondu, anéanti!

hassan. Moi ! pourquoi donc ?

candélabre. Téméraire! devant les rayons delà perfection, tombe tout de suite en admiration, n adoration, en stupéfaction et en pâmoison.

hassan. Soit, belle princesse ; cet hom-

mage est facile pour qui aspire à votre imin .

astrale, se levant. Ma main! à lui!...

(Riant.) Ah! ah! ah!

toute la cour. Ah ! ah ! ah!

hassan, se relevant. Princesse!...

astrale. Ah ! il est charmant, le prince obscur.

hassan. Obscur !

astrale, descendant du trône. Est-ce que dans ton pays tu es le seul de ton espèce ?

hassan. Plaît-il?

astrale. Que n'épouses-tu l'une de tes semblables, une ténébreuse comme toi?

hassan, à part. En voilà une bégueule ! par exemple !

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