DUO
Air : Amour sacré de la patrie.
Jour fortuné, jour d'allégresse !
Et pour gloire et pour son cœur !
Il rend un frère à ma tendresse, A mon pays un grand vainqueur.
le khan. Heureux retour qui me comble de joie !...
djiinn-djinn, àpart. S'il pouvaitm'oublier!
le petit génie. Cher frère !
le khan. Quel est ce jeune homme qui t'accompagne?
le petit génie. Mon nouveau maître , le seigneur Fariboussoul , qui cherche une femme pour son ami , sans négliger ses petites affaires.
fariboussoul. Ah ! khan !... quels cancans !
le khan , à Fariboussoul. Salut , noble étranger... mais d'abord laisse-moi demander des nouvelles de mon empire.
djinn-djinn. Aïe, aïe!...
LE khan. Approche , Djan-Djin-Djin.
djinn-djinn. Seigneur...
LE khan. Approche!... Qu'est-ce que je t'ai confié en partant ?...
djinn-djinn. En partant, seigneur, vous avez emmené tous lesTartares mâles... et vous m'avez laissé les jeunes filles.. . les enfants... l'espoir de la patrie...
LE khan. Où sont elles? je veux les voir.
djinn-djinn. Ah! seigneur!...
le khan. Quoi?...
djin-djin. Hélas!
le petit Génie. Veux-tu bien t'expliquer?
djinn-djinn. Voici le fait, seigneur Khan! vous savez que je suis un homme d'un puissant génie. J'avais étudié le fameux four dos Égyptiens , combiné avec les serres chaudes des horticulteurs modernes , et en y ajoutant un rayon solaire de quatre cents degrés , j'étais parvenu à activer la croissance des hommes, à l'instar de celle des poulets et du chou colossal...
atmosphère brûlante , nos jeunes filles.
LE khan , tirant son cimeterre. Misérable !... tu les as laissées étouffer?
le petit génie. Du calme , frère.
djinn-djinn. Non... elles respirent., mais cette chaleur intense, je l'avais si bien poussée, qu'elle a fait pousser. ..
le khan. Achève.
djinn-djinn, se jetant à genoux. Grâce!
seigneur Khan , grâce !.. .
le khan , levant son cimeterre. Veux-tu parler, ou je te fends en quatre.
le petit génie , s' élançant. Mon frère , prends garde , tu vas faire un malheur.
le petit génie. Nous voulons les voir à l'instant.
djinn-djinn. Les voici. [Une douzaine de géantes paraissent.) tous. Ah !
le génie. Que vois-je? ce sont là vos petites filles?
choeur.
Air : Je reconnais ce militaire.
Est-il possible qu'à leur âge, Des enfants laissés au berceau Et qu'on avait mis en sevrage, Aient maintenant vingt pieds de haut ?
le khan. J'ai peine à les reconnaître.
la géante. Grand Khan, c'est moi ta petite cousine.
le khan. C'est ma petite cousine... quel accent flatieur! Djinn-Djinn, je te pardonne.
le petit génie. Aimables personnes, vous êtes au milieu de vos parents, de vos amis... soyez sans crainte, et permettez-leur de vous ejnbrasser.
fariboussoul. Mais comment allez-vous faire ?
r.E khan. Comment?... eh parbleu!...
militairement... à l'assaut.
LE petit génie. A l'assaut !
djinn-djinn, qui est sorti, revenant. Ah!
grand prince, qmd malheur! quel accident.. .
LE khan. Qu'est-ce encore?...
DJINN-DJINN. Vous savez bien cet enfant, voue neveu , le ^eul individu mâle que vous aviez laissé ici?
le khan. Le petit Coco ? eh bien ?
DJINN-DJINN. Eh bien, il s'était glissé à mon insu dans /e laboratoire où j'avais mis ces demoiselles.
le khan. Quelle imprudence!
djinn-djinn. Heureusement, je suis arrivé à temps pour l'enfermer dans une soupente;
LE SAC A MALICES
mais, hélas! quand j'ai délivré ces demoiselles, il s'est échappé, et maintenant, il veut s'emparer de l'île.
LE PETIT GÉNIE. L'audacieux ! Prenons la campagne ; à cheval , mes braves, à cheval. (Défilé.)
Vlngt-denxièiaie Tablean.
l'île du magnétisme.
Un jardin d'un aspect un peu fantastique, des arbres grêles et minces, des rochers découpés en aiguilles. — Des bancs, des sièges de jardin.