SCENE II
Les Précédens, les Dame s des Halles.
jinot. Venez, mesdames, venez , j'espère que vous n'avez pas peur de la gloire?
WJUMB dame. Peur! non , mon petit, nous connaissons c'te gloire-là.
DEUXIEME DAME. Oui-dà !
i.k TAMiiot r.-MAJOR. Etdepuis long-temps?...
deuxième dame. Méchant rantanplan!
miscot. Par ici, ma princesse...
première dame. Il n'y a pasdepresse , mon ancien; t'as trop de chevrons.
Rapp, Ah ! voilà une bonne farceuse.
première dame. Doucement , l'Allemand.
RAPP. Hé ! la commère , apprenez que je suis Français, et bon Français, morbleu ! de père en fils.
prjbmière dame. Oui, bouffi... Va, je te connais; j'sais que t'es un pays pour le cœur et le bras, mais pour la langue, en retard, mon canard.
Les soldats rient aux e'clats.
rapp. Le premier que j'entends rire...
deuxième dame. Tu le fais rire.
La gaieté' des soldats redoubla.
rapp. Morbleu!
junot. L'Fmpereur a ordonné positivement qu'ons 'amuse.
rapp. C'est vrai. Eh bien! qu'ils s'amusent donc.
11 s'éloigne.
deuxième dame. Adieu , l'ourson!
première dame, à Junot. Eh bien ! gouverneur de mon cœur, esl-ce qu'on ne pourra pas lui parler à ton Empereur-'
junot. Très-facilement, au contraire Sa Majesté va se rendre ici.
première dame. Entendez-vous, les commères? préparez vos becs.
miscot. Il ne faudrait pas trop casser les vitres.
deuxième dame. Quellehuitre! nous dirons ce qu'il faudra dire.
première dame. Sans doute ; nous savons vivre. Dites donc , mes mignonnes , il me semble qu'un verre ou deux de Champagne ne ferait pas de mal pour nous délier la parole?
LES GRENADIERS, C'esl ça.. Buvons , buvons i
miscot, trinquant. Sans rancune . méchante.
pri mère DAME. (Elle boit.) Ma foi, c'est du vrai.
jinot. Pour que la gaieté soit parfaite, je n'ai plus qu'à m'en aller.
Il se Ntirli
première dame. Je veux payer mon écot : allons, une chanson.
UteelMat*
Ain HOUTEAU.
Fi de la bataille !
Fi de la mitraille !
Tous ces bons guerriers Ne nous r'vien't jamais tout entiers.
C'est à Cyllière Que les combats Ont des appas.
Mais, pour nous pl.iire, Je vous le dis tout ik i...
Faut être au compb-t .
miscot. Maisnousy sommes au complet....
présent à l'appel ; c'est égal , quoique vous ayez voulu nous égratigner , petite mère, c'est à ravir.
première dame. Tu me fais rougir... à vous autres, maintenant.
MiscoT.rJ'obéis à la beauté comme à l'Empereur. Ecoutez ça, camarades; c'est pour l'honneur du corps.
Même air.
Nous aimons nos aises, Au diable les fadaises!
Nous n'en voulons plus, C'est autant de boulets perdu». Les citadelles, Pour des soldats.
Qui n1 boud'nt pas, Sontcomm' les belles; J' vous 1' dis baut.
Tout ça se prend d'assaut.
première dame. Tiens ! l'ancien , pas si j serin!
I rapp, revenant. Ah ! ah ! vous chantez donc i maintenant! toul-à-1'heure cependant, quand j'ai commandé une chanson...
PREMIÈRE dame. Tais-toi donc. Commande la manœuvre, à la bonne heure; mais apprend que la gaieté vient comme elle peut et quand elle veut.
junot , qui s'esl rapproché. C'est parler en sage.
première dame. Comme une image.
On entend les cris de vive l'Empereur