SCÈNE IV
Les Mêmes , BAZILE.
bazile. Ma bonne tante, je vais vous
quitter. . . Vous me reverrez bientôt. . . peutêtre moins malheureux qu'en ce moment.
aldonza. Ne fais pas d'imprudence, mon enfant.
bazile. Soyez rassurée sur mon compte; si je ne suis ni le plus fort ni le plus riche, je serai peut-être le plus habile,.. Ah! voici ces pauvres gens qu'on a amenés ici... J'ai entendu parler de la folie de ce gentilhomme. .. comme lui peut-être je cours après une chimère. . . Nous verrons.
aldonza. Tu n'as pas vu madame la duchesse ?
BAZILE. Non... depuis quelques jours elle a quitté son château pour se rendre à la cour... Ah ! ma bonne marraine ! si vous saviez combien je souffre, vous m'auriez prêté votre appui , et cet odieux mariage ne ferait pas mon malheur.
d. Quichotte , se levant péniblement.
Quel mariage peut donc faire votre malheur, jeune homme ?
aldonza. Le mariage d'une femme qu'il aime, et qui aujourd'hui en épouse un autre.
d. Quichotte . Et ce mariage se fait contre votre volonté ?
bazile. Assurément.
d. Quichotte , tout courbé. Ceci me regarde ; ne suis-je pas là pour redresser les torts?
sancho. Il faudrait pouvoir vous redresser vous-même.
d. Quichotte. Quand se fait ce ma* riage?... où se fait-il ?...
aldonza. Aujourd'hui même , au pied de la Sierra. .. dans le riche domaine de Gamache.
D. Quichotte. Il faut y alier, jeune homme, et vous opposer à un hymen qui fera sans doute plusieurs infortunés... Je vous soutiendrai de la force de mon bras , et je délierai tous les chevaliers qui voudront appuyer Gamache.
SANCHO , bas , à don Quichotte. Monsieur... n'allez pas là... nous allons encore attrapper quelque chose.
D. QUICHOTTE , à Bazile. Eh bien , reprenez-vous conliance?...
iîazile, souriant. La force, monsieur, votre valeur même que je crois grande, ne pourrait rien changer à mon sort.
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Les mêmes, LES CHEVRIERS.
LE CB1YHIBK. Nous sommes prêts, Bazile, et nous vous .suivons , non pas pour le riche festin où nous sommes invités, mais pour vous soutenir, si vous étiez mal reçu.
sancho. Pardon, mon ami, vous avez parié d'un riche festin?...
I i; CHEVniEH. Oui , tout le mondé V est convié, riches ou pauvres, habitants delà contrée ou voyageurs inconnus; il y a des
bœufs entiers à la broche, des marmites où cuisent des veauv et des moutons : ce sera superbe
sancho. Et tout le monde peut puiser à la marmite?
le ciiLWULR. Sans doute.
sancho, à Don Quichotte. Monsieur, vous avez raison... vous devez secourir ce pauvre jeune homme. Allons aux noces du seigneur Gamache.
IîAZII.e. Allons, mes amis, parlons.
I). QUICHOTTE- Je VOUS accompagne !. ..
Comptez sur l'appui de don Ouichotte de la Manche.
ijazile. Je compte avant tout sur mon amour.
CHOEUR
Aik: Cette belle jouruie'....
Puisque Bazile cache Et sa douleur ei son courroux,
Aux uot:es de Gamache Pour le servir rendons-nous tous.
Ils sortent.
Ctnquume tableau.
Le théitre chance et représente un site pittoresque; tous les après d'une fête; à droite des leutes sous lesauellcs les cuisiniers préparent le repas. Dans le fond, des charmilles formant des salies de danse; à droite la maison de Quitterie. Au changement, tableau animé des préparatifs d'une noce mineuse.