SCÈNE III
SANCHO, DON QUICHOTTE , GAMACHE, QUITTERIE , Un Magistrat, Cortège.
Une grande marche annonce l'arrivée du cortège; les laboureurs en habits de fête, des jeunes gens élégamment vêtus, des jeunes filles composent le cortège qui amène Gamache à la maison de Quitterie; on crie: Vive Gama<he le Gtntreuxl... Quitterie paraît sur sa porte; Gamache va l'y prendre et la conduit sur le trône de verdure et de fleurs qui a été disposé auprès de la maison.
BALLET
Après le dernier groupe, les fiancés se lèvent pour aller recevoir la bénédiction nuptiale; mais on entend des grands cris vers le fond du théâtre. Bazile, suivi de s*»s serviteurs et de ses amis, paraît et vient se placer en face du trône où sont encore les futurs époux.
bazile. Attendez, Gamache et Quitterie ; sans ma volonté votre bonheur ne serait pas complet... Tu sais bien, ingrate, Quitterie que, suivant la sainte loi que nous professons, tu ne peux prendre d'époux tant que je vi-
vrai... Cependant tu foules aux pieds tous les engagements que tu avais pris envers moi, tu veux rendre un autre maître et possesseur de ce qui était à moi... Eh bien ! pour que son bonheur soit au comble , je vais moimême détruire l'obstacle qui s*y opposait. . . Vive le riche Gamache, avec l'ingrate Quitterie, de longues et heureuses années, et meure le pauvre Bazile !
Il saisit un bâton qu'il portait à la main , le sépare en deux moitiés, en tire une épée; puis, l'appuyant par terre , il se jette sur la pointe et tombe baigné dans son sang. Effroi général, les amis de Bazile l'entourentet lui portentsecours. Don Quichotte le prend dans ses bras. Gamache et Quitterie sont descendus auprès de Bazile mourant.
sancho, à part. J'étais sûr que ce petit Bazile serait un trouble-fête.
d. Quichotte. Silence ! Qu'on écoute ce garçon qui veut parler avant de trépasser.
eazile , revenant un peu à lui. Vous le voyez, Quitterie, je vous ai tenu parole ; vivre avec vous ou ne plus vivre, c'était mon serment tous les jours. .. C'était le tien aussi... mais je te pardonnerais encore si tu voulais en ce moment suprême m'appeler ton époux ; ce titre sacré que j'emporterais au tombeau ne peut rien ôter à votre félicité commune.
gamache. Ce que vous demandez, Bazile, n'est qu'un vain titre et je ne puis souffrir...
D. Quichotte. Je ne vois pas pourquoi l'on n'accorderait pas à ce pauvre jeune homme la dernière faveur qu'il demande.
gamache. Seigneur chevalier, au moment de recevoir la main de Quitterie, cette proposition me paraît étrange.
sancho , dans son coin. Il a raison , ce petit Bazile est venu gâter la noce.
Tous les amis de Bazile s'approchent de Gamache
et le prient de lui accorder la faveur qu'il réclame.
le chevrier. Allons , seigneur Gamache, un bon mouvement pour ce pauvre Bazile qui va mourir; vous avez le temps d'être heureux, vous.
gamache. Eh bien ! si Quitterie consent, je ne m'y oppose pas.
sancho. C'est un bonhomme que ce Gamache.
quitterie , émue et agitée, s'agenouille auprès de Bazile. Bazile, me voulez-vous donner votre main ?
bazile. O Quitterie ! je te conjure de dire hautement que c'est sans faire violence à ta volonté que tu me donnes ta main.
quitterie. Aucune violence ne serait capable de forcer ma volonté ; c'est de mon propre mouvement que je te donne ma main de légitime épouse.
Un Alcade qui avait accompagné Bazile s'approche alors.
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i.'m.cuh;. Nous êtes époux! je, vous unis ■ ni m m di' la i m. Bl prie le «ici .le ilonncr
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marie.
BAZILE, SC relevant artc Wgiftii. I 11 ill-
sl.uii !.. . Ii« nouveau marié n'est pas mort.
Il arrache fépée qui semblait lui traverser le corps.
TOUS. Miracle!... miracle!
bazile. Non, ce n'est pas miracle qu'il faut crier, mais, adresse! adresse I
Il entraine Quitterie au milieu de ses amis.
GAMACHE. On ne me jouera pas ainsi. A moi, mes amis!...
BAZILE. A moi, camarades!...
D. Quichotte. Vous l 'emporterez, Bazile ; car vous avez pour vous l'amour et don Quichotte de la Manche.
SANCHO, emportant sa casserole. Encore du grabuge !... On ne peut pas faire un repas tranquille.
Les deux partis se forment; les amis dcGamat he |
veulent sai-ir Oniiierie, MaU 1rs Clievriers font j'HKT leurs bâtons il li.t\'-n: un passag i à Bazile; De I ' boite a pris pai ti pour Bazile. La lance en arrei, il s'oppose au |> ssage de toute la troupe de Gamache. Sanebo, dau le tumulte,
S'est cache au li, ml il'iine marmite.
CHOEUR
Air : De M. Fi ancasti.
LLs di.i.x i>ai; i IS.
Arrêtez ! ai fêtez !..
On èraignez notre haine ;
Respectez ! respectez La loi qui les enchaîne.
L' W.CIDR.
Dans cette heureuse journée OÙ (Miilleiie ii reçu sa loi,
Pour protéger son hyméhôe Bazile doit compter sur la loi.
d. quiciiotte.
Oui ; mais surtout qu'il compte par prudence Sur cet ex Sellent «lamas, Sur ma bonne lance Et la force de mon bras.