LA SERVANTE
Oh! Monsieur, je suis sage... et puis, je ne serais pas si bête!..
(Elle s'en va.)
JOBARDEK, à Julienne.
Ma fille... vous êtes toquée... couchez- vous... et suivez mon exemple.
JULIENNE
Oui , mon père... Non , il n'y a personne,
JOBARDEK.
Quand je vous le disais... (Il va à son lit et aperçoit Josselin.) Oh!., à la garde! au secours!..
JULIENNE
Vous avez vu quelque chose?..
JOBARDEK, tremblant.
Un... un monstre... ou un ani... mal!.. *
JOSSELIN, paraissant.
Non, monsieur Jobardek, ce n'est pas un monstre.
julienne, avec joie.
Monsieur Josselin !..
JOBARDEK.
Si fait... c'est cet animal... Te voilà ici, toi !.. qu'est-ce que tu veux? qu'est-ce que lu réclames?..
Le cœur et la main de ma Julienne, qui m'appartiennent, et sur quoi je comptais...
JOBARDEK.
Je ne veux pas d'un raffalé comme toi.
JOSSELIN
Mais je serai à mon aise, je serai riche.
JOBARDEK.
Laisse-moi tranquille... Morphéc m'appelle dans son sein.
JOSSELIN
Non, je veux vous ramener dans le sentier de la vérité... On vous a fait croire que tous les chevaux étaient ruinés, enfoncés ; c'est un canard.
JOBARDEK.
Canard toi-même !
JOSSELIN
Et pour vous le prouver, j'ai ma marraine, une grande dame, qui m'a dit que je pouvais vous faire voir Paris à cheval...
JULIENNE
Alors, mon père, ce qu'on vous a dit n'était pas vrai!..
JOBARDEK.
Tu vas me soutenir que les chevaux sont remontés sur leur bète ?..
Oui.
JOSSELIN
JOBARDEK.
Ces quadrupèdes auraient reconquis une position sociale et des droits politiques?.. Est-ce qu'ils auraient présenté un pétition à la chambre ?..
JOSSELIN
Ah ! je n'en sais rien !
JOBARDEK.
Tu n'en sais rien? Eh ben! je te parie tout ce que tu voudras, ma tète... ou une bouteille de bière et des échaudés, que non !..
JOSSELIN
Eh ben ! moi, je vous parie vot' fille !
JOBARDEK.
Et comment t'y prendras-tu?..
JULIENNE
Comment ferez-vous?..
josselin , à Julienne.
Soyez tranquille... avec ça... Clic! clac!..
(Musio.ue. — La muraille s'ouvre, la Fée paraît.)
Que veut ce petit galopin ?..
LA fée, en Jockey.
Servir Monsieur, à qui j'appartiens... tenir la parole qu'il vous a donnée... prouver ce qu'il a avancé... en un mot, vous faire voir Paris à cheval...
JULIENNE
Oh ! que ça doit être beau!
JOBARDEK.
Permettez... cela peut être superbe... mais je ne comprends pas.
LA FÉE
Ecoutez-moi donc... Je vais vous montrer une revue générale de tout ce que l'année a offert de singulier, de fameux , de remarquable, d? bizarre, d'exentrique, d'admirable ou de ridicule...
JOSSELIN
Vous comprenez qu'il y a de quoi!
LA FÉE
Je vais faire passer devant vos yeux tout Parais à cheval... afin de vous prouver que l'animal le plus noble de la création...
JOBARDEK.
Le plus noble... après moi!
Après l'homme! II. Bouffon l'a dit.
LA FÉE
Bien loin d'être abandonné, vous allez voir qu'il tient encore une place plus grande que jamais dans les usages de la vie parisienne.
JOBARDEK.
La revue de Paris à cheval !..
JOSSELIN
Heim ! en voilà une revue qui ne manquera pas de selle...
JULIENNE
Elle doit distribuer de bon coups de fouet!
JOI5ARUEK.
Jeune homme, je ne suis pas curieux... mais si vous me faites voir cela...
LA FÉE
A l'instant même...
Ait : De !a Meunière
Oui , tout Taris sous ce rideau
A tes yeux se cache ; Pour montrer un coin du tableau,
Il faut qu'on le sache, Je n'emploirai point de sifflet, C'est toujours d'un mauvais elFet...
Un coup de cravache,
Et le tour est fait !..
Un coup de cravache, etc.
(Le théâtre change 'et représente le M;irché-aux- Chevaux.)
«••eeeeeeeeefleeeeeeAeseeeeeeeeeeeeeeeeeeaeeeaoaoAomoa
TÊ'oizii'tète Retai.