‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 330 sur 1577 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

DLRICK, JEANNE.

JEANNE, allant à lui.

Mon pauvre enfant !..

ulrick, se jettant dans ses bras* Ma mère !..

JEANNE

Me pardonneras-tu de t'avoir réduit à un sort si misérable?

ULRICK, avec résignation.

Vous avez obéi à votre conscience... c'était votre devoir.

JEANNE

Dieu t'a donc envoyé le repentir, Ulrick ?

Oui, ma mère.

JEANNE

Ah! grâces lui soient rendues d'avoir ainsi sauvé ton âme!., et ta vie sera sauvée aussi, je l'espère... car je mourrais, moi, vois-tu, si tu devais mourir... Ah ! tu ne sauras jamais ce que j'ai souffert quand il m'a fallu l'accuser... Et quand la malédiction est sortie de ma bouche, crois-moi, va, je n'avais encore dans le cœur que des bénédictions pour mon 01s coupable... Aussi, Dieu ne Tapas entendue, cette malédiction... Ulrick, mon enfant chéri, Ulrick, que je perdais, a reconnu sa mère enliif, et s'est jeté au-devant du supplice qu'elle allait affronter!.. Oh ! c'est alors que je t'ai aimé, mon enfant!.. 11 n'y avait plus là d'ambitieux, d'imposteur, d'impie... C'était le Gis le plus tendre, le plus respectueux qui baignait mes pieds de ses larmes l„ AM J>M aurait pns ma vie pour, wt

instant de bonheur, que je ne l'aurais pas cru trop payé !..

ULRICK, avec effusion.

Manière!.. Mais... Richard?..

JEANNE

Richard... Eh! que me fait Richard?.. Pourquoi m'en parles-tu?.. Est-ce qu'il est mon fils, Richard?.. Est-ce que je dois maintenant mes pensées à un autre qu'à mon Ulrick?.. Est-ce que je l'aime, moi, Richard?.. Est-ce que je puis aimer quelqu'un au monde comme je t'aime toi?.. Voyons, voyons, c'est à te justifier du meurtre de Sire Arundel qu'il faut songer maintenant... car tu ne l'as pas commis ce meurtre, n'est-ce pas?

ULRICK

Non, ma mère, je vous le jure.

JEANNE

Je te crois, oui... et d'avance, je l'ai dit à tous... Mais il faudrait le prouver... Baudouin, dont tu as sauvé la fille, consent à pardonner tout ce qui, dans tes actions, n'a offensé que lui seul... Mais il ne peut, dit-il, faire grâce à l'assassin du chevalier... Malheureusement, tous les indices sont contre toi... Ces armes, cette bannière, comment en es-tu devenu possesseur.

ULRICK

Le hasard, ma mère. .. nous les avons trouvées dans la forêt... où elles avaient été abandonnées par les meurtriers du chevalier.

JEANNE

Trouvées, oui, moi, je te crois... mais il faudrait que d'autres témoins... J'y songe... maître Fridolin était là, sans doute?

Oui, ma mère.

ulrick.

JEANNE

On ne pourrait le soupçonner, lui, et son témoignage te sauverait... Il faut qu'on le fasse venir... On l'a laissé à Bruges, jecrois... je cours auprès du comte...

C'est inutile, ma mère... on ne trouverait plus naître Fridolin.

JEANNE

Comment?

ulrick.

Il s'est échappé... il a fui...

JEANNE

Lui... quel mystère!.. Mais que faire, alors, ion Dieu ! que faire ?

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