SCÈNE III
! L'ERWITE.JEANSE MARTENS Et NIOGELLE,
l'i rmite.
Vous ne pouvez rester ici, avez-vous dit?
JEANNE MARTENS
Non, mon père... nous allons, dès ce soir, nous remettre en route.
l'ermite.
Et pourquoi ?
JEANNE MARTENS
Pour rejoindre au plutôt mon .'ils.
l'ermite.
Et où doue, pauvre mère?
JEANNE MARTENS
A Damas.
l'ermite.
A Damas !
JEANNE MARTENS
Oui, mon père... car Ulriek le renégat, c'est lui, c'est le fils qui m'a abandonnée, reniée... que je pleurais pourtant... et que je veux sauver encore !
l'ermite.
Mais vous ne savez pas, malheureuse femme, quels affreux dangers vous allez affronter! Les imans de Damas, emportés par leur aveugle fanatisme, ont forcé leur nouveau soudnn de rendre une loi, d'après laquelle tout chrétien qui tombe en leur pouvo'r doit à l'instant même abjurer, ou périr dans d'horribles tortures.
JEANNE MARTENS
Rien ne peut m'arrête/ quand il s'agît du salut de mon fils. Mais avant que nous |ne vous quittions, ne pouvez-vous nous apprendre, mon père, comment Ulriek a été élevé au trône de Damas?
l'ermite.
Personne n'a pu encore bien approfondir re mystère étrange; mais voici ce qui j'ai entendu raconter par des pèlerins qui onl visité depu s peu mon ermitage : Le chevalier Arundel d'Angleterre...
JEANNE MARTENS
C'est bien lui , oui.
l'ermite.
Ayant sauvé l'enfant de Baudouin, empereur de Constantmople , a été mis à la tête d'm* nombreuse armée chrétienne pour venu- con quérir Damas. Il allait partir avrt! cette armée. quand Baudouin de Flandre, arrivai fils Richard, a démasqué le fbo be 1 1 sa mon l 'e prn i vait la vi< rs supplice i e
ment il" tous ses honneurs, ■■' de IV :
pin-, i Irick. transporté d
ia, dit-on... Eh bien' puisque i
o prix que me réservait l'ingratitude, meure donc Penfaotn aoffil que j'ai sauvé, je fev< Et, en effet, le jour même, l'héritier de l'empire a été trouvé étouffé sur les marches du trône.
JEANNE MARTENS
Juste ciel !
l'ermite.
Clrick était seul capable de ce crime, et on se mit aussitôt à sa recherche; mais i! avait disparu. Peu de temps après, on apprit qu'il était venu offrir au peuple de Damas ie secours de sa redoutable épée. Aussitôt (pie les iuiaus de Damas eurent aperçu le cheval d'Urick, et la housse à griffes d'argent qui le couvre, ils se prosternèrent, et le renégat fut proclamé soudan. Depuis piè- de deux mois il règne sur celte contrée, et commet chaque jour les actes les plus barbares, pour (pie son peuple ne puisse douter de la sincérité de son abjuration.
Mon Dieu !
MOCELLE.
JEANNE MARTE Ni.
Ah! c'est horrible!.. Vous voyez donc bien, mon père, qu'il est temps que j'arrive, pour qu'il se repente et que je le sauve... Viens, îsiocelle, parions !
i.'f mte.
l-.h bien ! oui, vous partirez et Dieu
qui vous inspire , veillera , je l'espère , sur Ai>, .-kmt. Petit-Jean! (Le pâtre parait 4 cette pauvre mère et sa U - uiderasvers Dai
LE PA'i'l.E.
Vers Damas !