SCÈNE II
Les Mêmes, moins le peuple, LE SERGENT,
VICTOR, l'escorte qui l'accompagne.
le sergent. Pardon , pardon, camarades, on est de service et de triste service même. Laissez passer. (// pas<e avec l'escorte et va à l'officier.) Mon officier?
l'officier. Qu'y a-l-il?
le sergent. C'e.4 le jeune homme qui a conspiré pour l'Empereur, vous savez, le (ils du lolonel Beriaud, faut-il le fusiller toujours ?
l'officier, il e>t condamné?
le SERGENT. Oui.
l'officier. L'heure de l'exécution est-elle arrivée:
LE SElïCKNT. Oui.
l'officier. Au>/.-vous reçu contre-ordre?
LE SERGENT. Non.
l'ofi icier. Eh bien, que justice se fa>-sc.
le serc.eyl. C'est que, comme l'autre approche, et sera probablement ici ce soir...
l'officier. liaison de plus, Monsieur; un grand exemple aur;i été donné.
LE SERGENT. Alors, OUVTCZ les portos.
l officier. Les portes suit fermées, et je
suis là pour empêcher qu'elles ne s'ouvrent.
le sergent. Je ne pus cependant pas le fusiller ici.
l'officier. Vous avez les fossés de la ville, qu'on ouvre la poterne.
le sergent. C'est l'ordre?
l'officier. C'est l'ordre, allez.
le sergent. Allons, Monsieur Victor, il faut me suivre.
victor. Mais il me semble que je ne m'y refuse pas?
le sergent, descendant par la poterne.
Par ici, venez. (Rumeurs parmi le peuple.)
victor. Mes amis, je ne regrette pas la vie, puisque je meurs pour l'Empereur.
Vive l'Empereur !... (Ils disparaissent. Les rumeurs du peuple redoublent. Voix dans la foule, aux portes, aux fenêtres.)
l'homme du peuple. Est-ce qu'on va le fusiller tout de même, pauvre jeune homme, quand l'Empereur arrive?
UNE VOIX. Entendez-vous le tambour, entendez vous? (On entend en effet le tambour dans le lointain.)