BONAPARTE, TALMA
TATM\. Eh bien, qucll s nouulh's?
RONAPAuri. Rien de changé, mon an i...
Je m'épuise en démarclies iuuli es au rès du ministre et (!es comités...
taima. Et moi, j'ai >u nos pu ssants du jour, tous ceux qui, au théâtre, m'ont piodigué des marques d'enthous asme ISous
BONAPARTE
le amusons, ils nous admirent... mafsl sortis de :à. ces • ;-p its forts, ces grands pa t sa is de l'ég lité, à peine s'ils nous reconnais eut. De andons-l ur un s. rv ce, leur front s1 bscurcil, le préjugé reparaît ; uo;is ne soin nés pasdes cii> y us pour eux; nous ne sommes jamais :jiie des comédiens...
ronvparte. Mais aussi, mon cher ïalaia, (|ue de dédommagements dans votre art!... Vous avez une large scène, un entourage imposant, vous puisez dans les bravos de la fou.'e les plus nobles inspirations !... Moi, je n'ai rien de tout cela. . Mes idées s'usent dans ma ête, sans profit pour mon pays, ni pour moi. Inconnu, isolé, je consume mes forces d.ns l'inaction, dans l'attente d'un jour fa\orable, et ce jour n'arrive pas ! TAL.viA, déclamant.
11 se présentera, gardez-vous d'en douter.
Jusque-là , vous avez de-i ams.
Bonaparte. Des amis? c'est vous, Talma, qui êtes ve u hier ?
talma. Qui vous a dit?
BONAPARTE* J'ai deviné (Il ouvre un
tiroir.) tenez, je vou- ai reconnu à ceci... (il lui pré»e a e un rouleau) que vous avez jublié... reprenez-!e !
talma. Quoi! vous aussi, mon ami, vous méprise/, le corné 'ien?
Bonaparte, vous ue le croyez pas !
talma. Ecoutez-moi. Un jour, un comédien anglais trouva dans une ta e, ne de Lundi es un je'me officier, as-;1 z embarrassé pour paye un crot de d >nze uuinées.. .. il s'a iprocha de lui, lui offrit a bourse et le cou ora de l'accéder. Celui-ci n'hésita pas, e: depuis ce jour, ils devinrent amis intimes. Or, ce comédien s'appetoit G rrick, • t ce jeune enseigne», Jean Cur< bill, depuis d .c de Harib itoug '. Acceptez doue, mon ami, en m>' souhaitant de devenir un jour aussi célèbre que Garrick, comme j'ai idée que, la I épu li ni" aidant, vous deviend ez, ainsi que M ilbor >u,Ji, un grand capitaine.
Bonaparte. Moi!... j'accepte lé prêt que vous m'offrez,
talma. Je vous remercie... C'est de l'argent b en pi ce.
BoiSAPAi'.TE. Et ce soir même, je partirai pour Marseille.
talma. Adieu donc... l'heure de la répétition m'ap >lle.
bonap.^hte. Avant de nous quitter, mon ami, signez-moi, je vous p.ie, un billet de sp< ctac e.
TALMA. V lontiers. Pour ce soir?
ronaparte. Oui.
talma, écrivant. 12 vendémiaire an IV.
Voilà.
Bonaparte. Merci!.. (Il va frapper aux carreaux.)
talma. Je retourne à mes éludes.
c naparte. Aile , Talma, dévelop ez votre génie aux y^ux de la foule q i bus admire...
talma. Et vous, mon ami, tâchezdmi faire compren ire le vôtre. (ltencônlrant porte Fanchette et Roui};'.) Salut, citoyenne! bonjour, père Rouget! (Il sur t.)