SCÈNE XIII
BONAPARTE , BARRAS. (L'inconnu ôte son manteau et son chapeau.) BONAPARTE. Barras !
barras. Oui, c'est moi qui ai voulu le voir et te parler... Les moments sont précieux... Tu es bien seul, citoyen général?
BONAPARTE. Oui...
barras. La république est en danger...
Au premier moment , la Convention va être attaquée par les forces réunies du parti royaliste et de l'étranger... Le but, c'est le renversement de la Constitution qui vient d'être votée ; le prétexte, c'est le décret qui ordonne de prendre parmi les membres de la Convention les deux tiers du nouveau corps législatif... Les sections vont descendre des faubourgs et cerneront les Tuileries... Ilf-mt sauver la république et l'assemblée... J'ai cherché parmi nos généraux... je me suis souvenu de Toulon... Tu attends depuis longtemps une occasiou... je viens te l'offrir.
Bonaparte. Parlez...
barras. Commandant en chef de l'armée de l'intérieur, je viens te proposer d'être mon second... Acceptes-tu?
Bonaparte. J 'accepte.
barras. La république peut donc compter sur toi ?
BONAPARTE. Toujours.
rarras. Mais tu as refusé d'aller en Vendée.
Bonaparte. Ici, ce n'est plus une guerre civile; c'est une révolte impie ; j'ai l'étranger eii face de moi. (On bat le rappel dehors, la rumeur grossit.)
barras. Entends-tu? Le temps presse!...
Bonaparte. Enfin la fortune me jette le dé ! (// ouvre sa malle et met son uniforme. Mon uniforme, mon sabre!... Ah! je ne les quitterai plus. Je réponds de tout... Et d'abord, au parc d'artillerie!
barras. Et moi à la Convention ! (Ils sortent. )