SCÈNE III
BEAULIEU, seul; puis NADDI.
reaulieu. Celui-là est un bon et fidèle Allemand J'en voudrais plusieurs comme
lui, comme Wukassowich. . . Ils seront plus utiles que nos alliés les Piémontais.. . Les Piémontais!... ils sont avec nous; je les crois de bonne foi; mais le moment peut venir où la paix leur semblera nécessaire et désirable.. . Ah ! l'Autriche ! comme il faut que son aigle raidisse bien ses serres pour contenir cette Italie toute disposée peut-être à s'ébranler à ces paroles de liberté que la France jette au monde... (A Naddi qui entre.) Ah ! vous voici, ma nièce!... Quand vous êtes là, j'oublie un peu la guerre, la politique et mes malheureuses jambes !
naddi. Vous seriez bien mieux là-bas dans votre jolie villa que vous m'avez fait quitter avec les Apennins sur nos têtes, et autour de nous ces sites enchanteurs que l'Italie possède seule.
beaulieu. Vraiment! et vos diables de Français qui sent venus nous déranger, les comptez- vous pour rien?
naddi, souriant. Mes Français!...
reaulieu. Ah! pardon, je n'y songeais pas ; vous êtes. . .
naddi, souriant encore. Je suis la fille tin comte de Verteuil, mais ma mère était votre sœur, et en conscience je ne puis prendre parti pour personne.
reaulieu. Vous restez neutre, c'est quelque chose; mais dans peu de jours vous aurez épousé Lippani, ce brillant officier piémontais, et peut-être vous attirera-t-il dans notre cause... C'est la mort de votre pauvre mère qui a retardé votre mariage. .. Voyons, mon enfant, parlez-moi franchement; je suis un peu rude, comme il convient à un général qui n'a pas toujours affaire à des jeunes filles ; mais je vous aime et veux votre bonheur... Aimez-vous Lippani ?
BONAPARTE
NADDr. Mon onde, je sais apprécier toutes les qualités du comte Lippani. Je suis orpheline; vous ne pouvez toujours veiller sur moi. {Lippani est entré et s'est arrêté sur le seuil de latente.) Je donnerai donc ma main et mon cœur à mon fiancé, bien assurée de trouver en lui un protecteur honorable et dévoué.