SCÈNE VI
Les Mêmes, BONAPARTE, JOSÉPHINE.
Bonaparte, à Joséphine. C'est l'avis d Augereau, ma bonne amie; tu peux passer la nuit sans craint". Général, ré étez donc à ma femme ce que vous venez de me rapporter .. Elle éprouve, dit-elle, de vagues inquiétudes, des pressentiments...
Joséphine. Dontjene puis me défendre... Sans doute, c'est une foie dont je dévrais rire la première. Au mi!ieu d'un camp, entoilée de brives généraux, près de lui (mon" trant Bonaparte), qu'ai-j* à craindre? Et cependant, J'ai le i œur serré comme à l'approche d'un grand danger !
augereau. Il n'y en a pas, citoyenne; c'est moi qui vous en réponds... Notre p sic est bien choisi; nos lignes sont vigoureusement défendues... Il n'y a pas à Paris un boudoir de merveilleuse plus en sûreté que cette maison; ainsi, dormez en paix, citoyenne, et ne craignez que les mauvais rêves. (Basa Boni parte.) Ah ça, citoyen général, ne va pas céder aux frayeurs d'uue femme, et, pour rien au monde, n'abandonne ta position.
Bonaparte, avec dignité. Quand je jugerai à propos -'e la quitter, c'est vous, général, qui transmettrez mes ordres.
augereau, avec humeur. C'est bon! l'on s'y conformera.
Joséphine. Mais ces coups de feu que nou^ avons entendus!
AUGEREAU, montrant Dantel. Parbleu!
c'est cet original qui en est caus**... il veut parler au général... Approche, mon gaillard, et défile ton chapelet.
B)N aparté. Dantel !
dantel. Oiii , c'est encore moi qui ai voulu partager tes g'orieuses aventures... Madame la générale, j'ai l'honneur de vous saluer. (Il salue en danseur.)
j ■ épiiine, à Dantel. Mais, mon Dieu, fju'ètes-vous devenu ? on vous avait placé d.m l"s voitures de suite...
dantel. Et l'oa m'a égaré avec les paquets.
B inaparte. Vous êtes venu jusqu'ici, à c tte heure, pour me parler ?
dantel. Assurément... tout exprès.
Bonaparte. Eh bien! que me voulezvous?
da.mel. Ce que je veux?
B >N'APARTE. Oui.
augereau. Explique-toi.
dantel, à part. Devant sa femme! pas possible.
aug reau. Allons, voyons, dis-nous ce qlie m viens faire.
DANTEL. Je vicn<! .. . je viens, mon petit H''"> r.tl, p ■tir.. .
Bonaparte. Eh bien!
DANTEL. Pour te souhaiter le bonsoir.
(Bonaparte hausse tes cpiules et tourne le don en sent ètenàni avec Joséphine. )
augereau. Ah ça 1 est il fou, celui-là?
BONAPAKTE.
{A Daniel.) Je vois ce que c'est. .. mais ne l'avise pas relie nuit de venir rôder autour de ta ci-devant femme, ou sinon !...
dantel. Il n'y a pas de danger, je chercherai un gîte par ici. {Augereau tort. Pendant cette scène, des feux otit été allumés, et les soldats se couchent devant leurs faisceaux.)