SCENE V
Les Mêmes, JOSÉPHINE.
Joséphine, paraissant à la petite porte de droite. Puis-je entrer?
BONAPARTE, allant au devant d'elle. Eh ! mais, sans doute, ma chère amie ; les grandes affaires sont terminées. .. Pour me délasse-, j'ai besoin de ta présence.
Joséphine. Mon Dieu, je voudrais Rapporter de meilleures nouvelles.
Bonaparte. Qu'y a-t-il donc?... tu es émue... tu as pleuré?...
Joséphine. Hélas! un accidentbiencruel...
Bonaparte. Parle vite... tu m'effrayes.
Joséphine. Eh bien... mon pauvre Fortuné est mort.
Bonaparte. Ah ! si ce n'est que cela. ..
Joséphine. Comment?
augereau, bas, à Junot. Qu'est-ce que c'est que ça, Fortuné?
junot, bas. Un petit chien.
Joséphine, à Bonaparte. Comment, mon ami, vous ne partagez pas mon chagrin?
Bonaparte. Si fait... (A Augereau.) Un
chien anglais... Je ne peux pas les souffrir.
Haut.) Allons, console-toi, ma bonne amie...
Tu as aujourd'hui des sujets de distraction..*
les préparatifs de ton grand bal.
Joséphine, s' essuyant les yeux. J'y ai bien songé»., il sera superbe.
l'Ai; ri„ Vraiment ?
JOSÉPHINE. Oui, oui, il nous fera ho neur.
BONAPARTE. Et ta toilette?
Joséphine, Ranimant. Ravinante... tu verras... une étofTe délicieuse arrivée de l'aris, et d< s Heurs... j'en ai là un assortiment.. . tu choisiras, car c'est pour toi que je veux être belle.
AUGEREAU, à Junot. Voilà Fortuné oublié.
Bonaparte. Cette fois, malheureusement, je ncerai pas témoin de ton triomphe.
JOSÉPHINE. Comment?
Bonaparte. Ce bal aura lieu dans trois jours, en l'honneur de l'anniversaire de la République.
Joséphine. Eh bien?
Bonaparte. Eli bien, Augereau, Junot et moi nous le fêterons autrement.
augereau. Oui, oui, ce seront les ennemis que nous ferons danser, et un fier rigodon, j'espère!
Joséphine. Quoi! tu veux me quitter encore ?
BONAPARTE. Il le faut, bien ; trois jours d'inaction, c'est déjà trop.
JOSÉPHINE. Toujours général!
BONAPARTE. Et bon mari.
AUGEREAU. Quand il a le temps.
JOSÉPHINE. Et.. . quel jour dois-tu partir?
BONAPARTE. Eh! mais, nous en causerons tout à 1 heure, au dessert, en portant ta santé avec ces messieurs, car ils dînent avec nous.
augereau. Gé serai...
Bonaparte. Oh! il u'y a plus de général à présent; nous sommes en famille... Allons admirer tontes les merveilles que Joséphine brûle du nous montrer... Mais, je l'eupiic, ne nous reliens pas trop longtemps, ma ! auiie; l'appétit d'Augereau n'- st pas patient. Allons... (fldonne le bras à Joséphine.} Pa don, messieurs, mais j'ai si peu de temps ':passer avec elle. (// s>rl avec Joséphine, q h s'appuie sur son bras.)
auc.ereau, à Junot. Sais-tu que ce diable d'homme a îles moments où il se f) adorer de tout l'univers !
junot. Vous trouvez ! c'est heureux ! (îls sortent.)
Quatorzième Tableau.