‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 526 sur 1577 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

NADDI , seule, entrant.

Je n'ai pu refuser de me rendre à cette fête.... Son invitation éiait si pressante! Belle, bonne et gracieuse, qu'elle doit être heureuse, celte femme, déporter le nom glorieux de Bonaparte! Ah! ce n'est pas un sentiment d'envie qui m'anime... elle est digne de son bonheur ! C'était bien celle qu'il devait aimer et r'ioisir, et cette fois la destinée ne s'est pas. i oiripée... Ah ! je voudrais être la sœur de celle femme ! (Elle demeure absorbée dans nés pensées. Ent mystérieusement le Mofneet flffttltrï.)

BONAPARTE. M

le moine , à Matteï. Eh bien !

matteï. Les derniers ordres sont donnés,

le moine. Vos hommes ?

matteï. A leur poste. La comtesse Lip-

pa

NADDi. Eh ! quoi , monseigneur Matteï , sous ce costume , ici !

le cardinal. J'y viens pour surveiller un grand dessein... Mais vous, madame, je ne vous croyais pas à Pavie. Vous venez assister à la fête de madame Bonaparte?

naddi. Non, monseigneur... la solitude convient mieux à ma situation ; je retourne au palais Lippani.

matteï. Au palais, madame?

naddi. Adieu.

le cardinal, la retenant. Un moment, je vous prie.. Si vous rentrez, gardez-vous bien d'en sortir. Pardon...

naddi. Comment ?

matteï. Vous êtes Italienne... Votre mari est le commandant du Lido.. . Notre cause est ia \otre.

naddi. Eh bien !

matteï. Eh bien ! si vous voulez que cette cause triomphe, ne vous effrayez pas de ce que vou pourrez voir et entendre...

naddi. Comment?

matteï. Renfermez-vous dans votre appartement ; ne jetez aucun cri, ne donnez aucune alarme; le salut du comte est à ce prix.

naddi. Vous m'effrayez... Dites-moi...

matteï. Rien de plus... On vient... Silence , madame!

naddi , à part. Ah ! que va-t-d donc se passer ?

matteï. Venez, venez, madame. (Il l'emmène par une porte masquée à droite.)

Le théâtre se remplit de monde. Les femmes sont en toilette de bal, les officiers français en grande tenue, les italiens en habits brodés. La galerie supérieure se garnit aussi de monde. Joséphine arrive, puis Daniel.

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