SCÈNE I
Le Comte d'ARNEGUI, le Baron de LUZ, MENDISGAL, un Écuyer, un Huissier, Officiers et Gens de service.
(Mendisgal est sur la terrasse du fond, méditant et
écrivant.)
LE comte, à l'écuyer.
Que vos courriers se tiennent prêts à monter à
cheval, pour porter à toutes les cours alliées la
nouvelle de l'événement que la Navarre attend
avec tant d'impatience. (L'écuyer s'incline et sort.)
LE BARON
Sera-ce donc pour aujourd'hui ?...
LE COMTE
Sa Majesté l'cspére. (A un officier.) Vous, monsieur le commandant de l'artillerie, allez à vos pièce?. Vous pourrez voir de votre batterie la fenêtre de Jeanne d'Albret. Si c'est une princesse que le ciel nous envoie, une colombe s'en échap-
A droite, la porte qui conduit a l'appartement de une grande pnrte vitrée ouvrant sur une terrasse
pera ; si c'est un prince, ce que Dieu veuille, la bannière royale sera déployée, et vous ferez tirer vingt-un coups de canon.
(L'officier s'incline et sort.) LE BAROX.
Ah ça! mon cher comte...
LE COMTE
Pardon, baron de Luz, encore un ordre... (A l'huissier.) Allez dire au docteur Luber de se rendre à l'instant au palais...
(L'huissier s'incline et sort.)
LE BARON
Le docteur Luber... Mais je le croyais auprès de la comtesse votre femme... qui, ce me semble, avait aussi besoin de son assistance.
LE COMTE
Que voulez-vous?... le roi n'a plus confiance dans le médecin ordinaire de sa fille, qui a déjà perdu deux enfans... Il veut notre docteur. Il faudra donc que la comtesse...
HENRI IV
LE BAIH>>- Se contente d'un autre, c'est clair... ou qu'elle attende, ce qui serait encore plus conforme à l'étiquette... Voilà donc qui e>t convenu, ce jourd'hui 13 décembre 1553, la Navarre aura probablement à fêler tout ensemble la naissance d'un petit-fils de son roi ut d'une fille de son grand-sénéchal !
LF. COMTE.
Une fille, dites-vous... J'espère bien que j'aurai aussi un fils, un di^ne héritier de mon nom !
LE BARON
Et je suis sûr, moi, que vous aurez une fille...
LE COMTE
Pourquoi cela ?...
LE BARON
Parce que cela m'arrange mieux, attendu que j'ai l'intention de vous demander sa main pour Ferdinand-Charles, fils unique de moi Hector, dixième baron de Luz, et capitaine des gardes du roi.
LE COMTE
Quelle folie! un enfant de cinq ans!...
LE BARON
Oh ! rassurez-vous; je ne prétends pas célébrer aujourd'hui même le mariage... Non; je fais seulement ma demande d'avance, pour prendre date; et j'espére que vous ne me refuserez pas...
LE COMTE
Vous êtes fou, vous dis-je... J'aurais un fils.
Vous aurez une fille, dont je serai parrain, et que je nommerai Louise, comme son excellente mère, si ça peut vous être agréable...
LE COMTE
laissez-moi donc tranquille...
LE BARON
Et tenez, voilà le docteur Luber... Il pourra sans doute nous mettre d'accord.
coooooooooesjoicoooooooooooooooooooooooooooûooooooa