PROLOGUE, SCÈNE IV
MENDISGAL.
Tout le monde me fuit l'honneur de le croire.
LE BARON
Eh bien ! nous ferons comme tout le monde, si vous répondez neliement à la qucsiion que je vais vous adresser, au nom du comte d'Arnegui, grand-sénéchal de Navarre, ici présent...
LE COMTE
Assez, baron, assez...
LE BARON
Du tout, il répondra... Voyons, Mendisgal, ce digne comte, mon excellent ami, qui est là qui enrage, se ronge les ongles, et ne peut tenir en place, aura-t-il une fille ou un fils ? hein !...
MENDISGAL.
Le désir le plus ardent de M. le comte est de voir se continuer dans un fils la gloire de son illustre nom.
LE BARON
Nous savons cela, de reste; mais dites-nous ce qu'en pensent les astres?...
MENDISGAL.
Heu !... les astres trempent souvent nos désirs.
LE BARON
Ce n'est pas là répondre, c'est éluder.
MENDISGAL.
Permettez donc... Il faut le temps de préparer mes calculs, de consulter mon planisphère... et dans une huitaine de jours...
LE BARON
Une huitaine!... mais puisqu'on vous dit que c'est aujourd'hui... dans une heure... dans quelques minutes, peut-être, qu'il sera père!
MENDISGAL.
Eh bien! si l'on touche, en effet, à l'événement, à quoi bon des recherches?... Je retourne à mon horoscope. (Il remonte à son poste.)
LE BARON
Ce qui signifie que vous n'aimez pas prédire à si comte échéance... c'est trop compromettant, n'est-ce pas?. . Allons, allons, astrologues et médecins, vous n'êtes pas plus sorciers les uns que les autres.... Mais qui vient donc là?... LE COMTE, regardant à gauche.
Une paysanne... Eh! mais c'est Madeleine, notre nourrice... Que vient-elle faire ici?...
LEBARON.
Vous annoncer la naissance de votre fille, sans doute.
LE COMTE
Oh! vous êtes insupportable 1 (Aux gardes.) Laissez entrer...