SCÈNE VIII
Les Mêmes, un Huissier, puis le Doyen de
LA NOBLESSE et LA DÉPCTATION.
l'huissier.
Sire, unedépulation delà noblesse de Béarn et Navarre demande à èlre admise devant vous.
Qu'elle vienne.
(La députation entre, son doyen en tête. — Un page porte une riche épée sur un coussin de velours.) HENIU.
Qu'y a-t-il, messieurs ?
LE DOYEN
Sire, la loyale noblesse de voire royaume nous a chargés de présenter à Votre Majesté cette épée à poignée d'or, pour le royal enfant qu'elle appelle de ses vœux.
HENRI
Une épée!... Ah! ce serait de bon augure... Mais qui vous dit que ce n'est pas une quenouille qu'il nous faudra?
LE DOYEN
Sire, le bruit s'est répandu partout que le savant Mendisgal avait positivement annoncé la naissance d'un prince.
LE BARON
lia prédit quelque chose, lui... c'est incroyable!
HENRI
Vous avez entendu, Mendisgal?... Avez-vous réellement annoncé ce bonheur à la Navarre? MENDISGAL, embarrassé.
Sire...
LE DOYEN
Voici ce qu'on lui a entendu dire : on citait devant lui ce propos dérisoire des Espagnols au sujet de noire bonne reine Marguerite et de la naissance de Jeanne, votre auguste fille : « Adieu les ■ d'Albret, la lionne n'a enfanté qu'une brebis.—
Eh bien ! reprit-il, pour qu'il y ait revanche : la brebis enfantera un lion.»
1IIM1I.
Vous avez dit cela, Hcaitsgai !
MLMUiGAL.
Si je l'ai dit, sire, r'est...
LE BARON
C'est?...
MI M)ls(iAL.
C'est que cela sera.