‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 561 sur 1577 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

LOUISE, Paysans béarnais.

(Au lever du rideau, Louise toute rêveuse, est assise au pied d'uu arbre. — Des paysans béarnais exécutent plus loin, sous d'autres arbres, une danse du pays. )

loltse, a elle-même.

Ils dansent de hou cœur, ils sont heureux!... et moi!... Deux jours sans revoir Henri!... et cependant Jeanne d'Albret, sa mère, est partie d'hier... Comment n'a-t-il pas profilé de son absence pour se rapprocher de moi?... Oh ! mais Henri m'aime pourtant, il me l'a juté cent fois... et sa bouche ne connaît pas le mensonge. ( On entend des fanfares. ) Ces fanfares.,. ( Elle se lève et

va regarder à gauche.) C'est la chasse qui revient. Ahl le voilà enfin !...

( Pendant ce monologue, la musique a accompagné très légèrement la danse, qui s'interrompt â l'entrée de Henri. )

eO30O099QeO?POQe0090O0QC9Q0QP0O

eseeoeeoeaaeco

LOUISE, HENRI, en costume de chasse presque paysan, CANIGOU, CuASSEURS, poitant un sanglier, Paysans.

HENRI

Bffordi! camarades, voilà ce qui peut s'appeler une chasse ! De la fatigue... des dangers! à la bonne heure !... on se sent vivre ainsi!

HENRI IV

I AN'IGOU.

Avec tout ça, Henriot, J'OM vu le moment où t'allais l'être-p mrfeodu par ce damné sanglier que Satan confonde !...

LOUISE

() moi) Dieu '....

HENRI, a part, en l'apercevant.

Louise!... (Haut.) Calmez-vous, mademoiselle, personne de n ;iis, grâce au ciel, n'est blessé. ( A Canigou. ) ïu avais bien besoin de...

CANH.nl .

Ah ! dame, c'est que vois-tu, frérot, quand j' pensons qu'à cause de moi...

HENRI

Mais tais-loi donc, CanigouL..

canigou, à Louise.

Mais non, mamsellc d'Arnegui, ça l'intéresse autant que nous; car enfin elle est presque not' sœur aussi, puisqu'elle est née le même jour que toi... Imaginez-vous donc, mamse'.le , que j'étions rejoint par la béte... renversé, meurtri, bousculé... et j' pouvions déjà faire mes paquets pour , l'autre monde .. lorsque tout à coup, v'ian ! en plein dans le ventre... un couteau de chasse qui vient dire bonjour à mon animal. . cl sur son dos un vigoureux gaillard à cheval... Pristi !... fallait \<ir ça!... Celait lui... Henriot, mon brave frère de lait... (Il lui donne la main. ) .Murgtienne! comme il y allait!... Aussi... prrrrt!... les via tous deux qui roulent à terre... mais un seul s'est iemis sur ses pieds !

LOUISE

Ah! c'est bien, prince! c'est très bien !... DERRI.

La belle proues-c!

CANIGOU

Tatigué ! parlez moi d'un compagnon comme ça 1... Ah ! dame ! c'est qu'il m'aime, jarni, comme s'iT n'était pas plus prince que vous et moi... En v'ià un qui rendra son peuple heureux, quand il s'ra roi !

HENRI

Advienne que pourra, mon ami, j'aurai toujours la même affection pour la brave paysanne qui m'a nourri... et pour le bon frère qu'elle m'a donné!

CANIGOU

Quel cœur d'or!..', hein!... enrr!... Et dire que c'e^t pour moi qu'il a couru un si grand danger!... Rien qu' d'y penser, j'en ai encore la fièvre... quoi !... et mon gosier en est d'un sèche .'... ( It boil dans une gourde. ) BBNBI.

Apres toi, Canigou!

CANIGOU, lui passant la gourde dont il essuie le gouiot.

Voilà, monseigneur.

henri, ayant bu et la lui rendant.

Merci.

CASIGOU.

A présent, frérot, cassons-nous une croûte? (Il prend dans sa panetière un morceau de pain qu'il casse en deux. ) Tiens... (S'arrétaiii.) Ah ça ! mais j' t'offrons là une miche de pain d' seigle... c' n'est pas un fameux régal pour loi, da ! t'aimerais peutêtre mieux l'aller r'garnir l'estomac au château:'

HENRI

Bast ! ça me change! (Aux tliimuiin.) Vous, mes amis, allez vous mettre à table et dites à mon sommelier de vous traiter en convives de prince... Allez!

(Il mange avec appétit le pain que lui offre Ca;. pendant que les chasseurs, qui s'éloignent, emportent le sanglier. —Musique à l'orchestre pour accompagner la sortie.)

Page 1