SCENE IV
Les Mêmes, le Baron de LUZ.
LE BARON, à part.
C'est lui! ( S'approchant. ) Je vous cherchais, prince... et sur les indications qu'on m'a donnée;...
HENRI
Abrégeons... vous m'avez trouvé... voyons, de quoi s'agit-il ?
le baron, apercevant Louise, à part.
Louise ici!... (Saluant.) Mademoiselle...
(Louise lui rend son salui avec contrainte. ) HENRI.
Eh bien ! baron, je vous écoute.
LE BARON
Pardon, monseigneur, mais je m'attendais si peu à rencontrer, dans ce bois, mademoiselle d'Arnegui...
HENRI
Quoi de plus simple pourtant? Mademoiselle Louise aime comme moi nos bons paysans, et elle a voulu assister à la fête du pays.
LE BARON
Ah !.,. c'est aujourd'hui fêle au Béarn ?
CANIGOU
Et on s'en donne fameusement tout d'même à c'te fèle-là!... mamselle Louise comme les autres ! Oh ! ail' n'est pas fière, allez!... AH' rit et saule avec nous... faut voir! Youlez-vous y r'tcurner, mamselle ?
LOUISE
Non... merci, mon ami...
HENRI
Vous aviez à me dire, baron ?...
LE BARON
Prince, je suis député vers vous par la reine Jeanne d'Albrel, voire auguste mère. .
HENRI
Par ma mère...
LE BARON
Elle m'a chargé de vous annoncer l'approche de la haute et puissante Catherine de Médicis, que j'avais l'honneur d'accompagner dans un voyage à la frontière de France, et qui s'est détournée pour lui rendre visite en son palais.
BENRI.
Eh quoi! Catherine de Médicis...
Elle viendra bientôt, escortée des plus biillans seigneurs de sa cour, ainsi que de son escadron volant.
HENRI
Son escadron volant?
LE BARON
Qui est aussi gracieux que pacifique... II ne se compose que de jeunes et jolies femmes...
HENRI
Ah ! oui da !
CANIGOU
Tiens! tiens! j'aimerions assez êtr' le général de et' escadron-là!...
HENRI
C'est cela... on l'aura fait venir exprès pour toi!...
LOUISE, à part.
Que peut cacher celte visite ?...
LE BARON, à Henri.
La reine a pensé qu'en raison de la circonstance il était convenable que vous fussiez prévenu... Vous comprenez, prince... ce simple habit de chasseur...
HENRI
C'est trop juste.
CANIGOU
Jarni ! tu vas fièrement te toiletter, hein! pour l'escadron volant?...
Monseigneur, j'avais un second message à remplir.
HENRI
Prés de moi encore?
LE BARON
Non, prince, prés de mademoiselle d'Arnegui.
HENRI
Comment cela ?
LE BARON
Depuis long-temps j'éprouvais pour elle l'estime la plus profonde, l'amour le plus respectueux et le plus sincère. Le comte a daigné me permettre enfin d'aspirer à sa main, et celte lettre, qu'il m'a remise pour elle, lui annonce qu'aujourd'hui même auront lieu nos fiançailles.
(Il remet une lettre à Louise.) henri, émn.
Aujourd'hui, dites-vous?...
LE BARON
Oui, monseigneur.
louise, à part.
O mon Dieu !
HENRI, à paît.
Et elle ne m'avait rien dit 1
LOUISE, ayant lu.
Monsieur le baron, permettez que je me relire... Plus tard... je vous dirai.... Vous devez comprendre que, dans la position nouvelle où me place la volonté de mon père... A pari.) Ah ! c'est trop souffrir!
CANIGOU
Eh ben ! eh ben ! quoi donc qu'voiis avez, mamselle?
LOUISE
Rien, mon ami, rien...
HENRI IV
CANIGOC.
Mais si!... vous êtes toute pale... toute tremblante... Appuyez-vous sur moi... j'vous r'condairons jusqu'au château. (A part.) Est-ce qu'il y aurait queuq' chose? Haut.] Là... sur mon bras... Oh! pesez, allez, pesez ferme... il est solide... Adieu, frérot.
(Il sort avec Louise, qui jette un regard de regret sur Henri.)