SCÈNE XIL
MADELEINE, seule d'abord, puis CANIGOU et
Paysans béarnais.
madeleine.
Oh! elle se trompe, hen sur, elle se trompe!... C'est pas possible, dépareilles horreurs!... C'est égal... prévenons toujours Ilenriot et sa mère... .Mais où les trouver à et' heure ?... Qui vient donc la ?... CanigOU, mon (ils!
CANIGOU, lui sautant au cou.
Bonjour, mére!
LES PAYSANS
Bonjour, mam' .Madeleine!
MADELEINE
Bonjour, mes amis, bonjour... Ah ça! mais comment ét's-vous donc venus ici?
CANIGOf.
Pardin ! frérot avait oublié d' nous inviter. J' nous sommes invités nous-mêmes... J'avons pris la voiture d' nos jambes, et nous v'Ià.
Mais Henri se fâchera peut-être?...
CANIGOU
Lui, laissez donc !... J' l'avons rencontré, drés not' entrée dans la cour du Louvre, avec l'autre roi, qu'est pas si beau qu' lui, dà ! et puis not' bonn' reine Jeanne d'Albret.
MADELEINE
Et où allaient-ils?
CANIGOU
J'en sais rien... Mais du plus loin qu'il nous a vus... « Eh ! ce sont mes amis du Béarn qui viennent à ma noce, qu'il a dit à l'autre... Je vous demande pour eux l'hospitalité, Sire... — De tout cœur, vraiment, qu'a répondu Sa Majesté... Allez, mes enfans, entrez au château... et vous, messieurs, veillez à c' qu'ils ne manquent de rien, qu'ilssoient traités enflneu amisd' notre frère!...» Alors nous sommes entrés dans c' biau palais, en nous écarquillant les yeux pour mieux voir, et en d'mandant à tout 1' monde not' bonne mére Madeleine, pour l'embrasser !... Mais quoi donc que vous avez, bonn' mére?... Vot' figure est tout' bouleversée!...
MADELEINE
Ce n'est rien, ce n'est rien !
(Des valets apportent dans le fond la table royale toute servie, et s'éloignent.)
CANIGOU
Déjà not' couvert!... merci... Eh ben ! faut convenir qu'il fait bon d'êt' roi pour étr' servi au doigt et à l'œil... Par exemple, il s'est trop mis en frais... C'est des bêtises... Vous allez souper avec nous, n'est-ce pas, mére?
madeleine, à elle-même.
11 faut que j' les r'trouve pourtant.
CANIGOU
Ilein!
madeleine.
Plus tard, j' te r'verrai, mon garçon... Mais à présent, faut que j' parle à Ilcnri... Si tu savais... j' souffre trop, vois-tu... Adieu.
(Elle sort par la gauche.) oecccoeoooooooocoooooooooosGcooooeoooeoeoeeoodooece