SCÈNE II
CHARLES IX, CATHERINE, HENRI, Jeanne d'ALBRET, MARGUERITE, M™ de
; SAUVE, ZAMET, RENÉ, LUBER, COLI- GNY, autres Chefs huguenots, Seigneurs de la cour, Demoiselles de l'escadron volant, Dames, Pages, Gens dc roi, Hérauts, Gardes.
(Le roi s'arrête un moment au milieu du théâtre avec Coligny et Catherine.— Tous les autres forment un demi-cercle un peu en arrière.)
Charles, à Coligny.
Amiral Coligny, vous vous placerez prés de notre Irône, dont vous serez désormais un des plus fermes appuis. Je remercie ma mère de ne pas vous avoir oublié.
(Coligny s'incline, — Le roi va parler aux autres huguenots.) CATHERINE.
Je connaissais vos vœux, Sire, et, comme vous, je n'ai voulu d'exception pour personne. (A Jeanne d'Albret.) Belle journée, madame , pour deux mères !
C'est à vous que nous la devons, madame, et, si l'avenir y répond, elle ouvrira pour tous une ère dc paix et de bonheur !
CATHERINE
C'est du moins lebutqucj'ai voulu atteindre.
HENRI, à Marguerite.
Et vous, madame, est-ce aussi le bonheur que vous espérez?...
marguerite, un peu sèchement.
Personne ne me l'a encore promis, Sire. On m'a seulement dit: «Il faut donner ta main, » et nia main s'est donnée. Maintenant, arrive le bonheur, si Dieu le veut, et il sera le bien-venu.
HENRI, bas, à Mme de Sauve qui s'est approchée. Je ne pourrai jamais aimer cette femme-là..,, Vous seule...
Mme de SAUVE.
Prenez garde!... on a les yeux sur nous.
CHARLES, regagnant le milieu de la scène. Oui, messieurs, j'ai voulu, par l'alliance de ma maison avec celle de Navarre, donner à la France cntiéie un gage assuré de conciliation et d'oubli. (A Henri.) Venez, mon frère,.. (Il lui tend la main que Henri lui serre cordialement.) Que ces deux
mains de rois en se touchant ici aux yeux d«? tous, ne laissent à personne le droit de douter de la sincérité dc notre union.
TOUS
Vive le roi!...
CHARLES, appelant.
zamet, s'approchant \i\ émeut.
Sire?...
CHARLES
Faites commencer la fête.
ZAMET
Oui, Sire.
(Il va donner les ordres.— Charles IX prend place sur le trône, ayant à sa droite Catherine et Jeanne d'Albret, à sa gauche Henri et Marguerite. — Coligny se tient du côté de Henri.— En arrière sont les demoiselles d'honneur et les pages.— Pendant que ce mouvement a lieu, Madeleine entre au premier plan à gauche. — Musique douce. — Des paysans et paysannes du Béarn paraissent dans le fond.)
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