SCÈNE VIII
CATHERINE, KLM':.
RENÉ, avant d'entrer.
Je vous le répète, madame, cette entreprise est
trop périlleuse!... Les huguenots peuvent être
avertis...
CATHERINE
C'est pour cela qu'il faut frapper vile.
RENÉ
Mais...
CATHERINE, paraissant.
Assez !... Ma résolution est prise, et rien ne pcul désormais la changer. Le message qu'on vient de me remettre m'annonce l'arrivée des renforts que j'attendais. Il n'y a donc plus à hésiter, et celte nuit même, celte nuit de saint Barthélémy, quand l 'horloge du Louvre sonnera une heure , je donnerai le signal.
RENÉ
Et vous n'exceplez personne?
CATHERINE
Personne.
RENÉ
Mais Henri de Navarre?...
Lui, oui... lui seul... Le roi ne veut pas qu'on le frappe... Il est de race souveraine , et c "la pourrait, dit-il, soulever l'Europe contre nous.
RENÉ
En effet... Si bien donc, que ce n'est pas par pitié qu'on l'épargne, mais par prudence.
CATHERINE
On le tiendra seulement enfermé au Louvre, pour qu'il ne puisse rien entreprendre ; et plus lard... on avisera.
RENÉ
Ah ! voilà qui me rassure.
CATHERINE
Donne-moi maintenant ce livre de Vénerie, que je t'ai confié.
RENÉ, avec Une feinte naïveté.
Pour y mettre la dernière main. Rien n'y manque à présent... Mais à qui donc ledeslinez-vous?
CATHERINE
Que t'importe?
RENÉ, changeant de ton.
Il m'importe beaucoup, madame... Vous n'aurez pa* ce livre, car, moi non plus, je ne veut pas que Henri meure.
CATHERINE
Qu'est-ce à dire? des scrupule»?... Ils vous viennent hop lard, maître René.
Oh ! ce n'est point la pitié qui m'arrèle plus que vous... Vous ne m'en croyez pas capable... Non, c'est la prudence; car je suis prudent aussi, moi... Ecoutez donc , Charles IX a ses raisons, j'ai les miennes... Vous n'aurez pas le livre