‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 635 sur 1577 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LOUISE, le Baron de LUZ, Soldats.

LE BARON, a lui-même.

Affreuse extrémité!... Le ciel sera t-il donc toujours contre nous, et pour cet homme que chaque jour je hais davantage ?...

( Louise sort de la maison du premier plan de droite.

—Son teint est hâve, et sa marche, celle d'une femme

extéuuée par la faim.

LODISE.

Henriette... ma fille! mon Dieu! elle va mourir ! (Allant vers la porte.) Attends-moi... oui... je reviens... (Regagnant la scène.) Du pain... du pain pour ma pauvre fille!... Personne!... Ah!... tout est fini!... et, dans un instant, je la verrai... moi... sa mère... ( Voyant le baron qui drscend. ) Ah! quelqu'un!... (Allant â lui et tombant à ses genoux. ) Monsieur, par pitié... du pain pour mon enfant... qui est là... et qui se meurt!... (Le reconnaissant.) Mais je ne me trompe pas... monsieur de Luz !... Ah ! je suis sauvée!... LE BARON, la relevant.

Vous me connaissez, pauvre femme ?

LOUISE

Et vous ne me reconnaissez pas, vous ! le désespoir et la misère m'ont lantehangéel Et puis... pour vous, comme pour tout le monde, Louise d'Arncgui était morte !

LE BARON

Louise!... On ne m'avait donc pas trompé... Cette religieuse, mystérieusement entrée au service de Catherine de Médicis...

I 01 ISE.

Oui... c'était moi... vous saurez tout... Mais vous, monsieur do Luz, comment se fait-il que je nous retrouve ici.,, dans les rangs des enneii.ii du roi?

LL BARON

C'est que j'ai juré de vous MQgW, I nuise!

LOLl-I .

Me venger! Ai-je donc demandé qu'on me venge?

LE BARON

C'est à votre pére que je l'ai promis.

LOUISE

A mon père!...

LE BARON

Oui... Et maintenant que je vous ai vue si misérable, ah! plus que jamais il me tarde de tenir mon serment!... Mais cet enfant dont vous avez parlé... il est là, avez-vous dit...

LOUISE

Oui, là... ma pauvre fille :... là... sans force...

LE BAB0N

Nous la sauverons!

LOUISE

Ah! que Dieu vous protège, si vous faites cela !

UN SOLDAT

Monsieur le baron, le duc de Mayenne vous demande.

LE BARON

C'est bien, j'y vais.

LOUISE, montrant la maison.

El ma fille?...

LE BARON

Attendez... (Au soldai.) Ton pain?...

LE SOLDAT

Mais, capitaine...

LE BARON

Ton pain, te dis-je, je le veux. (Il prend le morceau de pain du soldat, et le remet à Louise. J Tenez... Demeurez dans celte maison... je vous y rejoindrai bientôt, et les secours ne vous manqueront plus !

LOUISE

Ah! c'est le ciel qui vous a envoyé vers moi !. . ( Il s'éloigne avec le soldat. )

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