‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 743 sur 1577 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GRILLAU, La Mère GRANDIER, Foule.

grillau. Et vous aurez le courage de l'attendre ici I

la mère. La Vierge n'a-t-elle pas suivi son divin fils jusqu'au pied de la croix ? je m'appel e Mario comme elle, et mon fils est innocent comme le sien.

une femme. Dites donc, commères, vous

ne savez pas, on dit que les religieuses se soDt rétractées, et qu'elles n'ont fait tant de br-'it que parce qu'elles étaient amourettes de lui. un homme, entrant. Oh! c'est une infamie ! c'est une indignité.

les femmes. Quoi donc? quoi donc?

l'homme. Il lui en arrivera malheur.

les femmes. A qui?

L'noMME. A cet infâme Mignon.

une femme. Qu'a-t-il fait encore?

l'homme. Comme Grandier achevait de faire amende honorable à la porte de l'église de Sainte-Croix. Mignon lui a donné ua crucifix d argent à baiser.

les femmes. Eh bien? eh bien?

l'homme. Grandier en a approché ses lèvr. s, mais à peine ses lèvres 1 ont-elles touché qu'il a jeté un cri.

LES FEMMES. Bah !

l'homme. Voyez-vous? a dit Mignon, le démon qui est en lui ne peut supporter la présence de Notre-Seigueur.

les femmes. Eiait-ce vrai?

l'homme. Attendez donc ; a'ors Grandier a appelé M. de Sourdis et lui a pai lé tout bas. les femmes. Que lui a-t-il dit?

l'homme. Je ne sais, mais M. de Sourdis a arraché le crucifix des mains de Mignon et l'a plongé dans le bénitier que tenait le sacristain ; l'eau sainte s'est mise à bouillir; le crucifix S"riait du feu et était brûlant comme un f r rouge.

les femmes. Infamie, horreur

la mère. Remerciez Dieu avec moi, mes sœors, c'est une éternité de bonheur que lui font ses bourreaux.

les femmes. Sa mère!.. Oh! pauvre femme !

LA mère. Est-il encore bien loin ?

l'homme. Non, car voilà le bourreau.

Les Mêmes, LAUBARDEMONT, suite.

LAUBARDEMONT trarerse le théâtre au milieu des murmures rie la f mie, les enfants gui sont sur les échafaudage* lui jettent des pierres. Il se retourne. Prenez garde , bourgeois de Laudun ; ce bûcher dressé pour un seul, pourrit bien servir à p'usieurs! (H entre à l'hôtel de ville, nouvelles menai es, les gardes qui le suivent font un mouvement. — La foule recule.)

cris hors la cour. Le voilà ! le voilà I

l IUUIN GlUNDlfcR.

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