‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 780 sur 1577 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LE DUC*, LE VIDA ME, LE COMMANDEUR. (le Duc, le Yidame et le Commandeur ont paru au fond pendant ces derniers mots, le Duc tient des dépêches à la main.)

le duc. Quel désintéressement ! c'est superbe, messieurs. Voici pourtant deux dépèches qui me semblent officielles et qui vous concernent.

de BLANGY, seprécipilant sur les lettres.** Ma nomination !

de courgemont, même jeu. Ma nomination ! mais permettez...

de BLANGY. Eh! monsieur 1 [Ils lisent.)

LE DUC, au Yidame et au Commandeur.

Messieurs, le roi daigne me complimenter du bonheur que j'ai eu de retrouver ma petite-fille. [Il s'assied à son bureau à gauche.)

' Blangy, le Duc, Courgemont, leVidame, le Com mandeur.

" Blangy, Courgemont sur le devant, lé Duc au bu reau, le Vidame et le Commandeur.

PAILLASSE

le commandeur et le vidame. Ah ! il serait vrai !

de blangy, désappointé. Qu'ai-je vu ?

substitut du procureur du roi.

de courgemont, avec joie. Commissaire extraordinaire du département de la Gironde! je suis commissaire extraordinaire! (Se promenant avec importance.) Je reçois vos compliments, messieurs.

DE blangy. Commissaire général, lui !

tandis que moi ! C'est impossible, le roi s'est trompé !

de courgemont. Le roi ne se trompe jamais, et sa majesté vous aurait fait ministre et moi simple petit substitut, que je dirais encore : le roi est infaillible.

de blangy, qui a regardé V adresse de son enveloppe. Mais permettez donc, permettez, ce n'est pas à moi que cette lettre est adressée.

de courgemont. Eh! peu m'importe, mon cher.

de blangy. Est-ce bien pour vous celle-ci?

de courgemont. Si c'est pour moi ! {Lisant.) A monsieur Castel-Blan. .. Castel-Blan..

de blangy. Castel-Blangy, parbleu. Vous avez ma lefre et voici la vôtre.

de courgemont. Se peut-il !

de blangy. Vous vous êtes jeté avec tant de précipitation...

de courgemont. Ainsi je ne s'erais plus qu'un simple substitut !

LE duc. Ce pauvre Courgemont!

LE vidame. Quelle dégringolade !

de courgemont. C'est faux! c'est absurde ! c'est impossible ! Messieurs, on a égaré l'esprit du roi.

DE BLANGY. Monsieur de Courgemont, le roi ne se trompe jamais, et vous seriez nom aie ministre et moi simple petit substitut que notre devoir serait de dire encore : le roi est infaillible !

DE courgemont. Eh ! monsieur ! (.1 part. ) L'insolent !

DE blangy, trouvant un papier sous le même pli. Mais voici des instructions. ( A Part. ) Ciel ! Lavarennes sous le nom de Roilac!

LE duc. Qu'est-ce donc ?

de blangy. Rien! un devoir m'appelle à l'instant même à la préfecture. Permettez, mon cousin, que je prenne congé de vous.

le duc. Allez, allez, mon cher comte.

DE blangy, à de Courgemont. Monsieur le substitut, j'aurai besoin de vous, suivezmoi.

de courgemont, avec un soubresaut.

Hiin! vous dites?

de blangy, insistant avecpolilesse. Veuillez me suivre.

de courgemont. C'est bien, monsieur,

c'est bien. (Saluant.) Monsieur le duc ! (.1 part.) Faites donc des restaurations! (Haut.) Passez, monsieur le commissaire extraordinaire de la Gironde. [Ils sortent par le fond.)

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