DE BLANGY , LE DUC
blangy. Monsieur le duc, nous sommes seuls, et les moments sont précieux... l'honneur de votre famille est mon honneur.. . Je comprends vos craintes, vos anxiétés, votre douleur... Je les partage; mais je suis investi des pouvoirs de Sa Majesté, et comme tel, je vous dis : L'homme qui est là n'est pas Lavarennes.
le duc. Je le sais, mon cousin.
blangy. Lavarennes , c'est l'imposteur que j'ai vu , que j'ai accompagné, que j'ai quille à Angoulème... C'est le misérable qui a rencontré M. de Rollac en Amérique, qui l'a tué, s'est emparé de ses papiers , et s'est enfin substitué à lui.. . Voilà la vérité.. . vérité que nous savons en haut lieu , et que nous ne pouvons pas étouffer plus longtemps.
le duc. Je savais tout cela... Je suis allé cette nuit me jeter aux pieds du prince... Je I lui ai tout avoué... J'ai obtenu la grâce de cet homme... mais comme aussi j'ai le droit de veiller à mon honneur, Belphégor n'aura cette grâce qu'à la condition de partir, de disparaître de la France pour toujours.
blangy. Soit... Mais empêcherez-vous que votre fille ne se déclare sa femme et ne dise tout ce qu'elle sait?
le duc. Ma fille ? elle ne viendra pas.
blangy. Elle est venue, elle est ici...
le DUC. Grand Dieu !...
blangy. Tenez, on monte l'escalier....
C'est elle.
LE duc. Madeleine!
blangy. Je suis chargé par elle de demander à la cour qu'elle soit confrontée avec Belphégor. .. Que dois-je faire, monsieur le duc?...
le duc, après un moment de réflexion.
Allez dire aux juges que ma fille est prête à paraître... (Madeleine entre. Blangy s'incline et sort à gauche.)