‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 809 sur 1577 · LISETTE, DUPRÉ · texte numérisé non relu

LISETTE, DUPRÉ

( Lisette est assise et chante en s'accompagnanl sur une harpe. Elle est en toilette éle'gante.)

DUPRÉ , quand elle a fini de chanter , portant sa harpe dans le fond du théâtre. Bravo! vous chantez comme un rossignol, et j'espère que vous serez bientôt citée comme , une des premières virtuoses de la capitale. Ah ! friponne , si vous vouliez ?

LISETTE. Vous savez bien que vous avez promis de ne plus me parler de cela.

DUPRÉ. Oui , parce que mademoiselle se donne les airs de soupirer , de pleuier , d'être amoureuse enfin... et de qui , je vous le demande... d'un homme de rien... du moins à en juger d'après ce que vous m'avez dit de lui lorsque je vous ai trouvée , il y a un an , seule , triste et pensive dans un petit :appartement de ma maison de la rue de la Huchette.

LISETTE. C'était le lendemain du jour de ce duel fatal. Je venais d'apprendre qu'après avoir blessé son adversaire , celui que j'aimais avait disparu, en me soupçonnant, en m'accusant peut-être... et Dieu sait que si , pour la première fois , je lui fus infidèle , c'était pour le sauver.. Depuis cette époque , je ne l'ai pas revu.

DUPRÉ. Est-il donc si difficile de deviner que l'ingrat vous aura sacrifiée à un autre amour... et sans doute, maintenant, il se rit de votre tourment, tandis que moi qui vous adore , vous me traitez avec plus de rigueur que nos daines de Versailles ne traiteraient un caporal des Cent-Suisses. Si vous consentiez seulement à venir passer quelques jours à ma maison de campagne, près Marly...

LISETTE. Je ne consens à rien.

DUPRÉ, à part. Décidément elle est inflexible... Mais avec de la patience et un collier de diamans ,. Justement , mon bijoutier demeure ici près. ( Haut. ) Au revoir , belle inhumaine ; je vais faire une course dans le voisinage ; je reviendrai ensuite déjeuner avec vous.

Air : Adieu , je vous fuis . bois charmant,

De mes transports audacieux ]Se craignes rien , belle Lisette, C'est à mes soins seuls que je veux Devoir un jour votre conquête.

Conquête objet de tou> mes vœux.

Ah! par une aimable alliance , Puissions- nous , bientôt, tous les deux Unir la robe et la finance!

{Il sort.)

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