SCÈNE II
Les Mêmes, LANNES.
LANNES, à Krettly et à Haillot.
Ah! vous voilà!.. Deux camarades d'Italie et d'Egypte ! ..
KRETTLY.
C'est bien de l'honieur pour nous, mon maréchal...
LANNES
Et pour moi donc!.. (A Krettly.) Ah! gourmand , t'en fallait-il de ces Autrichiens !..
KRETTLY.
Que voulez-vous?., on faisait ce qu'on pouvait!..
LANNKS, a naillot.
El toi, lu grognes toujours, n'est-ce pas?..
KI',F I ll.Y.
C'est sa consigne perpétuelle...
LANNKS.
Tu ne voulais pas d'empire ?.. Tu ne voulais pas d'Empereur ?..
IIAILLOT.
Ça n'a rien empêché, à ce qu'il me semble... seulement, j'ai à dire <;uc la chose aurait continué de marcher, sans tous ces brimborions, et autres simagrées de clinquant.
LANNES
Voyons, en quoi cela te gène-t-il?..
C'est ce que je lui demande...
IIAILLOT.
C'est donc utile et séduisant, quand on est de garde aux Tuileries, de voir passer des troupes de messieurs avec deshabillemcnsde muscadins; d'aucuns avec des perruques de l'ancien régime , d'autres avec une chaîne et une clé qui leur tombent sur le ventre !.. En voilà des histoires de ci-devant!..
LANNES
Qu'est-ce que ça te fait!..
IIAILLOT.
Ça me tracasse l'œil...
KRETTLY.
Ça empêche-t-il l'Empereur d'être bon pour le soldat, comme toujours?..
HAILLOT.
Non... Il a encore la conversation affable... On ne peut pas dire qu'il soit devenu fier! mais, c'est pénible de le voir s'amuser à des fariboles...
LANNES
Laisse-le faire, va!..
KRETTLY.
C'est ce que je lui dis ! laisse-le faire... il à
son idée!..
HAILLOT
Son idée! possible!.. Est-ce que ça n'allait
pas à Arcole et aux Pyramides, sans avoir sur
ses talons un tas de monde doré sur toutes les coutures?..
LANNKS.
Voyons, Haillot, tu sais qu'il est malin, n'es pas?..
HAILLOT.
Oh ! oh ! j'en ai la preuve suffisante !