LA GUACB LE LUI
ANDRE
Oui, Marie... Cesl que... dans l'ombre... La porte doit être de ce côté... (En feignant de se diriger vers le cabinet, il approche de Marie et lui prend la main.) Ah! je la liens!...
marie , jetant un cri.
Mais non , c'est moi!...
ANDRÉ
Chère Marie!
MARIE, toute tremblante et pouvant à peine parler.
Vous m'avez fait une peur!... Eh bien ! et ces hommes!... et ce danger !...
ANDRÉ , se rapprochant d'elle, avec amour et à vois basse.
Ce danger, je l'oublie en ce moment... auprès de toi, Marie!... auprès de toi si jolie!... de tji que j'aime tant !... de loi que je voudrais fuir, et dont l'image adorée me poursuit partout... je m'endors ! je m'éveille ! je respire avec elle !...
MARIE
Grand Dieu ! la lettre...
ANDRÉ
Elle était pour toi , Marie !
MARIE
Pour moi!
ANDRÉ
Oui, pour loi, à qui je n'osais dire ce matin le secret de mon cœur ; pour loi , à qui j'écrivais : je t'aime!... Marie, je t'aime comme un fou ! comme un insensé!... je t'aime tant, que^e préfère vivre ici, avec toi... piésde toi... pauvre et obscur, a toutes les grandeurs, à tous les honneurs , que le monde pourrait m offrir!...
MARIE; tremblante , avec bonheur.
Oh ! mon Dieu ! vous L'entendez !
ANDRÉ
Et que ce Dieu me punisse à l'instant, si je mens.
MARIE
Oh! non, cette voix si douce, celle >oix si tendre , ne voudrait pas me tromper.
ANDRÉ
Oh ! je le jure ici... à tes genoux; à loi ! à loi, pour la vie! .. (Il la serre dans ses bras.) MARIE, se déballant faiblement.
Laissez-moi! André!
ANDRÉ
Que je te laisse!... loi, si belle!... loi, mon bonheur !... ma \ic !...
marie , d'une voix éteinte.
Oli ! laissez-moi... laissez-moi ..
(En ce moment on entend sous la fenêtre une \ i
qui joue le refrain de la Grâce de Dieu. Mario
se dégage avec force des bras d'André.)
* Celte vielle doit être faite p.-ir deux violons , avec les sourdines , placés dans la coulisse. Ou ne peut s'en dispen scr sans nuire à la pièce
( Note des auteurt.)
LA GRACE DE DIEU
MARIE
Ali!... ah!... écoutez!... entendez-vous cet air?... c'est la voix de ma mère!... de ma mère qui me cric : Marie , tu veux donc me faire mourir !... (Se touriKint vers lui. ) Oh ! vous ne le voudrez pas, André, vous ne voudrez pas sa mort!... la mienne!... vous aurez pitié de moi!... de mes larmes !... de mon désespoir !( Elle tombe à ses genoux les mains jointes , en proie à la plus violente douleur.)
André , ému de son désespoir.
Grand Dieu ! quelle douleur !
MARIE
Oh! parlez... partez à l'instant!... respectezmoi , si vous m'aimez !... et à mon tour, je vous aimerai bien !... et je vous bénirai toute ma vie !
ANDRE
.Marie!... (Silence.) Voyez si je vous aime!., adieu! adieu!
( Il s'éloigne par le fond.)
MAniE, dans l'exaltation de la reconnaissance. Oh ! cher, cher André !...
( Elle ferme sa porte et la verrouille. En re moment, une voix l'appelle en dehors; Marie court à la croisée. )
pierrot , dans la rue, criant.
C'est moi , mam'zelle Marie, c'est moi , Pierrot !... qui voulais vous donner un petit bonsoir, avant de rentrer.
MARIE
Bonsoir, mon bon Pierrot , bonsoir ! ( Elle ferme sa croisée, puis tombant à genoux au milieu du théâtre , elle s'écrie : ) Et toi , ma mère , merci! merci 1 car tu m'as sauvée !
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