LE COMMANDEUR , LA MARQUISE
LA MARQUISE
Je vous le répète , mon frère , les d'Elbée sont d'une haute et ancienne noblesse; leur crédit à Versailles est au moins égal au nôtre ; Mlle d'Elbée est unique héritière des biens de cette noble race , et la maison qui ressortira de l'union de nos deux familles sera une des plus puissantes de la cour de France.
LE COMMANDEUR
C'est possible, ma sœur; mais je ne songe pas encore à me marier... il faut que jeunesse se passe...
LA MARQUISE
Et qui vous parle de vous? Mais c'est du marquis, de mon fils , qu'il s'agit.
Mon neveu! oh! alors c'est bien différent, et j'approuve...
LA MARQUISE
J'ai préparé pour ce soir une réunion, à laquelle assistera la famille d'Elbée , et les deux jeunes gens seront présentés l'un à l'autre.
LE COMMANDEUR
Oui ; et c'est pour cette présentation que vous avez fait venir celte jolie petite Marie?...
LA MARQUISE
Qui? Marie de Verpignan ?... si rieuse! si aimiible ! si enjouée!..
LE COMMANDEUR
Non ; je vous parle de cette petite montagnarde, la Perle de Savoie!...
LA MARQUISE
Mais, en vérité, vous ne rêvez qu'à cetle petite Savoyarde ! ... Elle fait tourner ici toutes les têtes*. (A part.) Mais ce soir tous mes soupçons seront éclaircis: je saurai épier leurs mouvemens , leurs regards ; et si l'on ne m'a pas trompée !... s'il est vrai que mon flls !... ah ! malheur à elle !...
LE COMMANDEUR
Et tenez , voici noire jeune fiancé lui-même mon beau neveu.
OOOOQOOOOOOOOOOOOOOOOSOOOOOOOOOOOOOOUOOOOOOOOOOOOOOO
Les Mêmes, ARTHUR , entrant du fond.
(Les portes , laissées ouvertes . se referment sur lui.)
LE MARQUIS
Madame, on vient de me dire que vous me demandiez , et je m'empresse de me rendre a vos ordres.
LA MARQUISE
Oui, mon fils ; nous avons à causer d'affaires très graves, très sérieuses! et j'avais hâte de vous entretenir.
* La marquise, le commandeur.