SCENE I
LE COMMANDEUR , un Valet.
le commandeur, à un valet, lui donnant une bourse.
Tiens , voici de l'or pour payer ton silence , et ie t'en promets autant, si nous réussissons; tu m'as bien entendu ?
le valet.
Oui, monsieur le commandeur.
Ce soir , à neuf heures , tu te trouveras à la ciite porte du jardin, avec deux hommes... tu
auras éloigné tout le monde , et celle clé m'ouvrira le chemin de ce petit corridor !
(Il montre la clé.) LE VALET.
Vos ordres seront exécutés. (Il sort à gauche.)
LE COMMANDEUR
Et je pourrai enfin prendre ma revanche!.. Ah! mon cher petil neveu! vous venez vous jeter à travers mes historicités amoureuses ! Ah ! vous mettez des bâtons dans les roues de mon carrosse, au moment où j'enlève l'objet do ma passsion... Ah ! tu te trouves à point sur ma roule, pour ar rèter mes chevaux, pour le faire le noble protêt-
LA GRACE DE DUT
teur de l'innocence , la faire descendre de ma voiture !... Et quand tu l'as délivrée, tu la confisques à ton profit cl tu l'enfermes dans ta petite maison !... Mais je suis de la régence, moi, et je le le prouverai!.. De plus, je suis bon oncle aussi.... voilà pourquoi je m'introduis ici , comme Jupiter chez feu Danaé... en pluie d'or !... Voilà pourquoi je viendrai ce soir te débarrasser de celte petite ! car, puisque tu te maries, en bon époux, lu ne saurais la garder plus long-temps.
LE VALET , à la porte de gauche.
Monsieur le commandeur , j'entends la voix de mon maître; s'il vous voyait ici , je serais perdu ! et vous aussi !... Sauvez-vous bien vite !
Comment ! faquin !... que je me sauve !... moi!... un commandeur !... que je me sauve !...