‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 902 sur 1577 · MARIE, PIERROT · texte numérisé non relu

MARIE, PIERROT

(La scène reste vide un instant. — puis Pierrot parait à gauche , en haut de la montagne, qu'il descend tristement jusqu'à la seconde révolution ; arrivé là, il s'arrête, regarde du côté où il a paru, si Marie le suit, et exprime par sa pantomime qu'elle s'est encore arrêtée : alors il prend sa vielle et joue l'air de la Grâce de Dieu. Marie parait; elle marche d'un pas chancelant, la tête courbée, et suivant toujours l'air, elle traverse ainsi la montagne. Quand Marie est arrivée sur le devant du théâtre , près du banc, à droite , Pierrot cesse de jouer, et Marie tombe accablée sur le banc.)

pierrot , s'asseyant à gau lie.

Et voilà comment nous avons fait deux cents lieues!.. Tous les matins, quand il fallait nous remettre en route , quand il fallait la décider à me suivre, elle dont les yeux étaient toujours tournés vers Paris, je lui faisais entendre ce qu'elle appelle, dans sa folie, la voix de sa mère... ça lui rendait de la force et du courage... Les voyageurs donnaient de temps en temps un morceau de pain à la pauvre folle... Chaque jour ramenait un nouveau voyage et de nouvelles fatigues .. chaque jour je me disais : Courage ! courage ! mon pauvre Pierre, y a un bon Dieu, là haut, qui te regarde... y a une pauvre mère, là bas, qui t'attend!... Sa mère! (Avec désespoir.) elle est là !... oh! mon Dieu , mon Dieu ! comment lui apprendre?... MARIE, machinalement.

Je m'endors !.. je m'éveille!... je respire avec elle!...

PIERROT

Que dit-elle?... Marie !... ma bonne Marie!

MARIE

Qui m'appelle?

PIERROT

C'est moi , Pierrot... votre ami !. .

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