SCÈNE V
Les Mêmes, REBECCA, magnifiquement parée et suivie de toutes les Femmes de la cour.
SUZANNE, apercevant Rebecca.
Ah!...
Qu'as-tu donc ?
SUZANNE
C'est elle'..,. c'sst bien elle!...
SALOMON
Que dis-tu?
SUZANNE
Cette infatué!...
SALOMON
Eh bien !
SUZANNE
La voilu !... c'est elle !
SALOMON
Rebecca?... Ah! mais tu es en délire, pauvre mère! ton désespoir t'égaie... Tu ne connais pas celte femme... ce n'est pas clic qui l'a pris ton enfant.
REBECCA
Sun enfant!
SUZANNE
Je ne la connais pas!... elle, Rebecca!... Mais, interrogez-la, seigneur, et si elle osait me méconnaître, moi, confrontez-la avec les anciens de la tribu qui sont assemblés au seuil de ce palais. rebecca, ù part.
Oh ! mon courage, ne m'abandonne pas. Haut.) Oui, je suis Rebecca, de la tribu de Benjamin, et celte femme a élé ma compagne d'enfance. Hier, appelée par Manassés, qui devait me présenter à vous, seigneur, je suis arrivée trop tard pour enlrer à Jérusalem ; j'ai frappé à la première porte qui s'est offerte à moi, et j'ai demandé l'hospitalité pour la nuit. Le hasard seul m'avait conduite chez Suzanne, dont j'ignorais alors la destinée. Après avoir passé la nuit chez elle, avec mon enTant, je suis partie aux premiers rayons du jour. Voilà la vérité, je l'ailette.
SUZANNE
Et j'atteste, moi, que, profitant de mon sommeil, tu m'as volé mon fils, mon trésor, ma vie... J'atteste encore que le pauvre enfant qu'on a trouvé froid et glacé dans ma chambre était bien celui qu'hier tu portais dans tes bras.
REBECCA
Suzanne! tu as fait appel à mes souvenirs, et je me souviens... Faut-il, pour me justifier, que je dise tout ce que je soupçonne ?...
SUZANNE
Ce que lu soupçonnes!...
SALOMON
Parlez ! parlez !
REBECCA
Le jour où la faute fut connue, le jour où tu fus chassée de notre tribu, ne devais-tu pas épouser celui que tu aimais?
SUZANNE
Oui.
Depuis ton départ, l'amour insensé de Miznël ne s'est pas éteint. Malgré les prières et les larmes de son père, il a tout quitté pour te suivre... Quand il t'a retrouvée, un seul obstacle se pla-