SCÈNE VIII
Les Mêmes, DUROC.
DUROC, à part.
J'ai mis l'Empereur dans un fiacre où il m'attend ; il faut suivre ses instructions... (Haut.) Madame, vous avez dit que vous aviez l'intention de vendre votre café?..
LA DAME
Sans doute, Monsieur ; mais je vous déclare que j'en ai assez de vos plaisanteries...
DUROC
Je vous déclare, moi, que je ne suis nullement disposé à plaisanter avec vous... (a Michel.) Je voudrais écrire qnelques lignes...
MICHEL
Bien, Monsieur...
(Il lui donne ce qu'il faut pour écrire.)
DUROC, écrivant.
Trente mille francs, avez- vous dit?,.
LA DAME, avec ironie.
Oui, Monsieur...
DUROC, à Michel.
Comment vous appelez- vous ?..
MICHEL
Michel.
DUROC
Seriez-vous bien aise d'avoir cet établissement?..
MICHEL
Oh ! certainement, Monsieur; ce serait un beau rêve...
DUROC, lui remettant un papier.
Tenez, voilà ce qu'on m'a chargé de vous remettre...
MICHEL
Quoi donc ?..
DUROC
Lisez...
MICHEL, lisant.
Bon pour la somme de quatorze fr. soixantequinze c. que le sieur Michel a avancé pour nous;
plus, trente mille fr. de pourboire, à payer sur notre trésor.
Pour l'Empereur,
DUROC, Grand-Maréchal du Palais.
DTJROC.
C'est ma signature...
MICHEL
Comment?..
LA DAME
Ab ! mon Dieu !..
GAILLARD
En croirai-je mes yeux !..
MICHEL
Et ce Monsieur... de tout à l'heure... c'était donc...
DUROC
L'Empereur...
(11 sort.) MICHEL.
L'Empereur!..
LA DAME
Au secours !.. au secours!..
GAILLARD
Je succombe ! (Criant.) M. le Grand-Maréchal du Palais, mes respects au Grand Homme, à Sa Majesté l'Impératrice et Reine, à la (iarde Impériale !.. Soutenez-moi, M. Durand, soutenez-moi!..
( Agitation générale : Tous se pressent vers la porte.)
WwwwMmwiii eeea<— NWMwmeMW mw m— — Cinfjuièîète table tut
A Vienne. — Le peuple se presse au fenêtres des maisons et dans les rues de la ville. — Napoléon
paraît, entouré de son état-major, des magistrats lui présentent les clés de la ville. L'armée défile. Il fait un geste, on entend un roulement de tambours, et l'armée s'arrête : Çilence général.