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ADÈLE, LA VICOMTESSE

ADÈLE. Ah! pourquoi suis-je venue, mon Dieu! je doutais encore, tout est donc connu! tout, non pas, mais bientôt toiU...

perdue , perdue à jamais. Que faire 1 sortir.., tous les yeux se fixeront sm- moi... rester... toutes les voix crieront à l'impudence. J'ai pourtant bien souffert depuis trois mois I c'aurait dû être une expiation.

LA VICOMTESSE , entrant. Eh bien !

ah ! je vous cherchais, Adèle !

ADÈLE. Que vous êtes bonne!

LA VICOMTESSE. Et VOUS , que vous êtes folle! Bon Dieu! je crois que vous pleurez?...

ADÈLE. Oh ! pensez-vous que ce soit sans motif?

LA VICOMTESSE. Pour un mot?

ADÈLE. Un mot qui tue.

LA VICOMTESSE. Mais cette fiMiiMie peidiait vingt réputations par jour si on la croyait,

ADÈLE , se leoant ri\}ement. On ne la croira point , n'est-ce pas ? Tu ne la crois pas , toi ? merci ! merci !

LA VICOMTESSE. Mais vous-même, chère Adèle , il faudrait savoir aussi commander un peu à votre visage.

ADÈLE, Comment et pourquoi l'auraisje appris? Oh! je ne le sais pas , je ne le saurai jamais.

LA VICOMTESSE. Mais si , enfant , je disais comme vous.., au milieu de ce monde on entend une foule de choses qui doivent glisser sans atteindi-e , ou , si elles atteignent , eh bien ! un regard calme , un sourire indifférent. , .

ADÈLE, Oh! voilà qui est affreux , Marie ; c'est que vous-même pensiez déjà ceci de moi , qu'un jour viendi-a où j'accueillerai l'injure , où je ne reculerai pas devant le mépris , où je verrai devant moi , avec un regard calme , un sourire indifférent, ma réputation de femme et de mère, comme un jouet d'enfant, passer entre des mains qui la briseront. Oh ! mou cœur ! mon cœur ! plutôt qu'on le torture, qu'on le déchire , et je resterai calme, indifférente; mais ma réputation, mon Dieo !.-. Marie, vous savez si jusqu'à présent elle était pure, si une voix dans le monde avait osé lui porter atteinte.

LA VICOMTESSE. Ëh bien ! mais voilà justement ce qu'elles ne vous pardonneront pas, voilà ce qu'à tort ou raison il faut que la femme expie un jour... Mais que vous importe , si votre conscience vous reste ?

ADÈLE. Oui, si la conscience reste.

LA vicOMTESSJB. Si ea reistrant chez vous , seule avec voua-isiéiMe , voue |>ouvez en souriant veus re}î;«r<îîear c^ians \ oire

,. ^ '9>&e amis

lace et dire : Ga9(»inuQiâ

continuant ^ w&SiA V€)^...

MAGASIN TUfATRAL.

A.DÈLE. Par égard pour mon rang , pour ma position sociale.

LA VICOMTESSE. S'ils VOUS teudcu: la main , vous embi'asseut... voyons...

ADÈLE. Par pitié, peut-être... par pitié ; et c'est une femme qui, eu se jouant, le sourire sur les lè\'Te8 , laisse tomber sur une autre femme un mot qui déshonore, l'accompagne d'un regard doux et affectueux pour savoir .s'il eutiera bien au cœur, etsi le sanf} rejaillira... infamie... Mais je ne lui ai rien fait à cette femme ?

LA VICOMTESSE. Adèle I

ADÈLE. Elle va aller répéter cela partout... elle dira que je n'ai point osé la regai'der en face , et qu'elle m'a fait rougir et pleurer... Oh! cette fois, elle dira vrai, car je rougis et je pleure.

LA VICOMTESSE. Oh î mon Dieu ! calmezvous ; et moi qui suis obligée de vous quitter.

ADÈLE. Oui , votre absence attristerait le bal ; allez ^ Marie , al)ez.

LA VICOJITESSE. Javais promis à jEugène de danser avec lui la première contredanse., mais avec luije ne me gène pas, la seconde commence. Ecoutez, chère Adèle, mon amie , vous ne pouvez entrer maintenant ; remettez-vous , et je reviendrai tout à l'heure vous chercher. Puis après tout, songez que tout le monde vous abandonnât-il, il vous restera toujours une bonne amie , un peu foUe, mais au cœm* franc, qui sait qu'elle vaut cent fois ipoins que vous, mais qui ne vous en aime que cent fois da vantage. Allons , embrassez-moi , essuyez vos beaux yeux gonflés de larmes, et revenez vite faire mourir toutes ces feinmes de jalousie... Au revoir... Je vais veiller à ce ju'on ne vienne pas vous troubler.

[V.Wm sort- Aritony est cnlrc , ppnilant ces derniers mois <]c la viromtcssc , jjar la [<orte de cà;é , et s'est icriu au fiiaii)

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