LA COMTESSE, PEDRO, GUSMAN
GUSMAN , bas , à Pedro.
Dis donc, cela va mal, il me semble?
PEDRO, bas, à Gusman.
Silence.
LA COMTESSE, lui présentant le. papier, et d'une
voix saccadée.
Que dis-tu d'un jeu ne hommu a l'air simple, étourdi , Qu'on trouve sans manteau, sans un maravédi-. Dont on prend en pitié la profonde misère, Qui veut être valet, que l'on fait secrétaire. Et qui, pour premier acte et sans doute en retour. Trompe sa bienfaitrice à la face du jour?... Chez les auteurs latins, qui chargent ta mémoire, As-tu jamais trouvé trahison aussi noire?
PEDKO, avec dignité.
Épargnez-vous, madame, un discours superflu ; Je subirai sans plainte un châiinient prévu.
LA COMTESSE
Ah! tu fais le hautain! tu braves ma puissance! Une bonne prison paiera tant d insolence.
PEDKO , avec douceur.
Je ne réclame point, j'ai mérité mon sort ; Mais cet infortuné, je cherche en vain son tort ?
LA COMTESSE , très-haut.
C'est un conspirateur.
GUSMA\, sortant de son apathie. • Hein?...
PEDRO
Gusman ?... Je réclame.
Prenant la main de Gusman et le présentant. Avec cet air, est-on conspirateur, madame ? Gusman est, j'ose dire, un agneau.
LA COMTESSE
Ma bonté
Veut bien... à cet agneau rendre \\ liberté.
Sans Pedro?
LA COMTESSE
Sans Pedro.
GUSMAN
Las ! qu'en pourrais-je faire?
Libre sans mon ami, j'aime mieux le contraire.
Il lui presse la main.
LA cOiMrFssE, attendrie.
Pauvre enfant ! Il m'émeut, tant il a le cœur chaud ! En ce cas-!à... tu peux partager son cachot.
Avec force et rapidité.
Quant aux trois fugitifs, je troublerai leur joie, Et la prison dans peu ressaisira sa proie. Mon pouvoir est au moins égal à mon courroux ; JMalheur à toi, don Pèdre, et malheur à vous tous !
Elle sort et l'ait un geste. Deux soldats se présentent au fond du théâtre. Gusman arrive à la porte ; un ofDcier lui présente son épée pour l'arrêter.
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