‹ [Magasin théâtralChapitre 1115 sur 1545 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

DESILLES, Mn>e VALLERAY, FERMONT.

FERMONT

Quel brusque changement! Est-ce ainsi qu'on Iraito une aftaire grave?

M"" VALLERAY.

Ah ! ne l'accusez pas I jamais il ne fut plus digne d'estime.

FERMONT

Je m'en rapporte à vous, ma belle voisine. Mais venons au sujet de votre lettre.

M™« VALLERAY.

C'est que je crains... ces détails pourraient fatiguer M. Desilles.

LES SUITES D'UNE FAUTE

BESILLES. I

3Ioi! point du tout, je vous assure. Je n'ai plus } qu'une heure à rester ici , ne me refusez pas la i faveur de la passer auprès de vous. j

M"^» VALLERAY, ovec unc vucntio7i marquée.

Eh bien! aïonsieur, puisque vous le désirez, vous aurez le plaisir d'apprendre mes projets pour le bonheur de mon mari et pour le mien, car c'est la même chose à mes yeux.

DESILLES

Comme aux siens, je suppose.

urne VALLERAT, de même.

Oui, je suis fière de le dire et de le répéter, ce n'est pas le devoir seul qui m'enchaîne à lui, et, fussc-je libre de mon choix, je sens que je le préférerais encore à tous les autres hommes.

DESILLES, has.

De mieux en mieux, madame.

Fausse sorlie.

M™8 VALLERAY, dc même.

Restez donc, monsieur... Oui, j'aime à étudier ses goûts, ses penchans, toutes ses pensées; auss me suis-je aperçue de l'extrême affection qu'il porte à notre jeune Amélie ; il la cherche souvent, il l'embrasse à la dérobée, et j'aurais prestjue le droit d'être jalouse, tant il s'est attaché à elle.

DESILLES, à iparl.

En si peu de temps! c'est singulier.

M™« VALLERAY.

Assurer le sort de cette pauvre petite orpheline, ce serait le rendre bien heureux , et peutêtre pourrions-nous au moyeu d'une adoption... Que dites-vous de ce projet, monsieur Fermont? Y Yoyez-vous quelque difficulté?

J'en vois une très-grande. Pour première condition, la loi exige un certain âge auquel. Dieu merci I vocs êtes encore loin d'atteindre.

M"'^ VALLERAY.

Cependant on a vu de ces sortes d'obligations contractées par de jeunes époux : tout-à-l'heure encore Louise m'en citait plusieurs exemples. DESILLES, à ■part.

Ah 1 la femme de chambre se mêle aussi de cette affaire ?

FERMONT

J'ai dû vous expliquer les rigueurs de la loi ; mais rien n'empêche, du reste, qu'on prenne un engagement d'honneur, comme ceux dont on vous a parlé. Si vous croyez que l'adhésion d'un fonctionnaire civil donne plus de valeur à une telle déclaration, dès demain je serai prêt à la recevoir. Quant à présent, veuillez m'cxcuser, des affaires urgentes me réclament.

DESILLES, vivement.

Entre autres, celle dont vous me parliez tout-àl'heure... N'avez-vous pas même, à ce sujet, quelques questions à adresser à madame ?

FERUONT.

Ce n'est qu'une conjecture.

M'"^ VALLERAY.

N'importe, parlez toujours.

FERMONT

Une jeune personne est depuis hier à votre service, et se fait appeler...?

Louise... Louise Durand.

FEUMOXT.

Ce n'est pas cela. Vous savez qui elle est, d'où elle vient... on vous l'a recommandée, sans doute?

M™'' VALLERAY.

Non: j'ai été intéressée dès le premier abord par le charme dc sa physionomie ; son langage m'a plu, je l'ai prise sans information, et, pour ainsi dire, à l'essai •

FEP.'.r(ONT.

Est-il possible ?

DESILLES, à Fermont.

Vous connaissez quelqu'un de sa famille?...

FERMONT

Un digne homme , un marin qui, en partant pour un voyage de long cours, l'avait laissée chez lui; quand il revint, elle avait disparu...

DESILLES

Enlevée ?

FERMONT

Non. Séduite par un jeune homme qu'on ne connaissait pas dans le pays, et qui l'abandonna bientôt; la pauvre enfant, voulantcacher son désespoir et fuir le théâtre de son déshonneur, s'échappa secrètement pour aller vivre dans une retraite ignorée. Son frère l'a crue morte ; mais il paraît qu'on l'arencontrée dans ces environs. C'est du moins ce qu'il m'écrit.

M™e VALLERAY.

Et vous supposez que cette pauvre fille serait. ..?

FERMONT

Cette jeune Louise dont la ressemblance m'a frappé tout-à-l'lieure.

Sl™6 VALLERAY.

Attendez donc 1 quelques détails dc cette histoire semblent se rapporter au récit qu'elle m'a fait... cependant... vous sauriez la reconnaître, dites- vous ?

FERMONT

Sans doute , je l'ai vue autrefois chez son frère,

DESILLES

Où donc ?

FERMONT

 Lambzac.

DESILLES

A Lambzac ! Se peut-il ?

M"0 VALLERAY.

Quavez-vous donc?

DESILLES

Rien, madame... un souvenir... j'ai entendu parler d'une aventuio de ce genre... (A part.) A Lambzac 1 c'est bien de là qu'il m'a écrit... M™c VALLERAY , u Fenuotit.

Je vais la faire paraître... ou plutôt , non... je change d'idée. Elle aurait trop à rougir devant vous ; je veux la ménager , je l'interrogerai sedile... veuillez vous retirer dans la pièce voi-

sine; j'irai bientôt vous rendre compte de ce que j'aurai obtenu.

FERMONT

Toujours bonne et obligeante!... Que je suis reconnaissant des peines que vous prenez 1

M™* VALLERAY.

N'ai-je pas à m'acquilter envers vous ?

Fcrmonleiilro dans Li cl.auihrc à gaucho.

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