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I.EI'IDLS, avec horreur

Quoi! laisser en ces lieux celle chaste vertu!... MARIUS te prend dans ses bras pour l'entraîner. Suis-moi, Cimber.

LKPiDu.s, se dégageant avec force.

Non, pas sans elle!

MAHIUS.

Y penses-tu t

Il marche vers lui, les bras croisés, cl lui jette chaque iiKild'uue voix toiucnlrée, amèrc el tilriduule.

Lepidus, Marius, Laviuia.

LE VIEUX CONSUL

Va, lâche serviteur de la chose publique. S'il faut qu'ouvertement envers toi je m'explique, Songe, en l'oulanldu pied ton sol républicain, Que Lucrèce outragée a fait tomber Tarquin. Demain, contre Annius une foule en colère. Préparant à ce crime un trop juste salaire. De quelque affreux trépas punira l'insensé: Et tous nos ennemis iront le front baissé.

LEiMDUs, avec fermeté.

Je ne partirai pas.

MARIUS

Ton serment!

LEPIDUS

Je le brise.

MARIUS, se reculant d'un pas.

Agis selon tes vœux alors, je te méprise. Cœur lâche, sans vertu, de pleurs entrecoupé... Je te croyais un homme, et je me suis trompé. Je vois ce que tu peux, jeune tête égarée, Faire pour la patrie et pour la foi jurée. Il s'arrête un moment et reprend avec une expression de raillerie féroce.

Est-il donc juste aussi qu'un Romain jeune cl beau D'un amour si prospère éteigne le flambeau? Lorsque agit un tyran plein d'une fotigue altière, Qu'est-ce que le salut de Rome tout entière, En face des appas d'une jeune beauté Dont l'éclat le dispute à Vénus Aslarté? • — Va, laisse la terreur à Rome désarmée. Et va-t'en retrouver ta chambre parfumée. Rome des nations deviendra le mépris, Puisque les Décius se changent en Paris. A l'odeur du cinnâmc et de la marjolaine , Loin des flammes de Troie emmène ton Hélène; Pendant ce temps, foulés aux pieds d'un dictateur, Kous verrons se dresser la hache du licteur, Puisque nos citoyens, races dégénérées.

S'attardent au giron des femmes éplorées. [qucur, Nos vieux Romains avaient, peuple toujours vain- L'orgueil de la patrie à la place du cœur.

LEPIDUS. '

Laisse-moi!

MAHIUS.

Sans nul doute, il faut que je le laisse. Pâle elle front courbé sous l'indigne faiblesse; Mais demain, au Forum, j'en fais l'allreux serment, ïu seras diffamé par moi publiquement.

11 s'arrête encore, et reprend avec un rire cynique et brutal :

— Et puis ne vois-tu pas, âme si mple à l'extrême. Qu'elle attend sans rougir ici celui qu'elle aime; Que, prompte à s'excuser sur cet enlèvement, Elle en garde en son cœur tout le ravissement? Dans la foule, au Forum, dis, ne l'as-tu pas vue Du fier patricien rechercher l'entrevue, Et comme le pressant d'accompagner ses pas, Lui dire de ces mots que l'on n'entendit pas? Tu lui parles de fuite, elle le remercie; Mais il est d'autres soins dont elle se soucie; Et quoique prête à suivre un sot officieux, Elle regrette au fond le jeune audacieux. Et toi, pour ce transport, pour cette rêverie, Tu peux nous méconnaître, oublier ta patrie... Tu peux... Ce bruit... c'est lui, j'en suis sûr, c'est

[son pas...

Ah! choisis de la fuite ou bien de mon trépas ! J'irai...

LEi'inus, la tête basse, et d'un air érjarà. C'est le destin.

M.VKius, l'attirant avec rage.

La toge déchirée, Chercher dans la nuit sombre une mort assurée...

LEPinus, d'une voix jj/ms accentuée.

C'est le destin.

MARIUS

Pourtant j'ai vaincu les Teutons l

LEPIDUS

Bourreau! bourreau!

MARIUS

Viens, viens!

LEPIDUS, avec un clan d,' enthousiasme frénétique C'est le destin ! Sortons.

MARIUS, à part, plein de joie.

Jupiter!

LAViNiA, s'élançant vers eux.

Lepidus en ce lieu m'abandonne !

Je m'attache à ses pas.

LEPIDUS, avec une horreur convulsive.

Oh! pardonne! pardonne!

LAVINIA

Je neveux pas rester ici... c'est me trahir! MARIUS, la repoussant avec violence.

Cet homme est mon esclave et ne fait qu'obéir.

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