SALIMBENI, LE BARON, CHICHOTTE , LE COMTE, LE MARQUIS, LOULOU
aux écoutes.
LE COMTE, ouvrant la porte du fond. Si nous ne l'avons pas vue, c'est qu'elle était partie quand nous sommes arrivés. (Apercevant Chichotte.) Eh! pardieu, la voici... Bonjour donc, belle 3Iinelte!
Il lui baise la main. Révérence gracieuse de Cliichottiv
i.ouLou, stupéfait et ravi, à part. Minette I
Li BARON Eh ! bonsoir, adorable Aspasie!
Il ni bai>;o la main. Autre révérence de Ciiiehotte.
LOLLOU, à part. Aspasie!
SALIMBENI. La sarmante Sylvie...
LOULOU, à part. Sylvie!
SALIMRENI. Il né mé réconnaît pas?...
CHICHOTTE, à part. Que trop!
SALIMBENI, d'une voix doucereuse, et cherchant à rappeler les so^lvenirs de Chichotte. Salimbeni... Salimbeni...
CHICHOTTE, jouant ta s\irprise. Salimbeni!... Connnrnt! vous ici?... Oli ! mais, ce n'est plus un enfant... c'est un homme à présent... Embrassez-moi mon cher...
Salimbeni l'embrasse.'*
• Nicette, Cliidintle, Loulou.
■* I.o Baron, Salimbeni, CliichoUc, le Omte, le Marquis, Loulou.
LA FAMILLE COCHOIS
LOVLOV, à part, inquiet. Diable! {Prenant son parti , en pensant que c'est le chanteur italien.) Oh! oh!
LE MARQUIS, railleur. Il paraît, madame, que vous voilà en plein pays de connaissances.
CHICHOTTE, avec assurance. Il n'y a, cher marquis , que les montagnes qui ne se rencontrent pas, dit le proverbe ; et les proverbes sont la sagesse des nations.
LOULOU, au comble de l'admiration, à part. Quel trésor !
LE COMTE. Ah ! pour la sagesse des nations , que nous l'embrassions tous !
LOULOU, s' avançant, àpart. Il est temps! montrons-nous *.
TOUS, excepté Chichotte. Cochois!
SALIMBENI. CoSSOis!
LOULOU. Halte-là, messeigneurs!... et toi, Chichotte. . .
TOUS, riant aux éclats, excepté Chichotte. Chichotte... Ah! Chichotte!
SALIMBENI. Sissotte ! Sissotte !
LOULOU. Oui, messieurs, Chichotte...
Chichotte, ma fiancée. {Mouvement général.) Oui, oui, messieurs, ma véritable fiancée.
LE MARQUIS, moitié sérieux, moitié railleur. Comment! Cochois, elle est votre fiancée?.. . vraiment?...
LOULOU, de même. Très-vraiment, et bien glorieux j'en suis... très-vraiment encore.
LE BARON. Bah!
SALIMBENI. GlorioUS?
LOULOU, à Salimbeni. Oui, glorious, extrêmement glorious , méchant farfadet d'I-
* Le Baron, Salimbeni, Chicliotte, Loulou, le Comte, le Marquis.
talie. {Aux autres.) Comment! vous, messieurs, messeigneurs, vous ne devinez pas que vous êtes les jouets d'une vision cabalistique, et que cette créature céleste {désifjnaht Chichotte) se moque de vous... et de bien d'autres, au reste?... en prenant toutes sortes de figures à volonté. {Eclats de rire. ) Mais fais cesser le charme, ma Chichotte, notre dignité l'exige.
CHICHOTTE. Ces messieurs sont gens de trop bonne compagnie pour continuer; vous leur avez dit à quel titre je vous appartiens, cela suffit pour arrêter toute méchante plaisanterie. Donnez-moi le bras, et partons.
LOULOU , lui donnant le bras. Oui , Chichotte ; et quand je t'aurai conduite à la maison, j'irai à l'Opéra annoncer ton arrivée à la famille, qui sera heureuse et fîère de faire ta connaissance!... Votre serviteur, messieurs ; votre très-humble , messeigneurs !
Il fait quelques pas vers la porte avec Cliichotte, et revient seul près du Barou. Le Jlarquis s'approche de Chichotte et cherche à se justifier; celle-ci lui lance un regard de mépris*.
LOULOU, au Baron, avec gravité et suffisance. J'ai l'honneur de vous signifier, monsieur le baron, que, si je ne passe pas premier sujet , vu le mérite de ma fiancée, sans compter le mien , je donne ma démission... Sur ce, je vous présente mon respect. .. {H s'éloigne, et apercevant le Marquis auprès de Chichotte.) Non, non, pardon!
Il reprend le bras de Chichotte, et sort au milieu des rires bruyants; Salimbeni se jette sur un fauteuil en criant : Glorious! Glorious I ■ Salimbeni , le Baron , Loulou , le Comte ; et sur le
deuxième plan : Chichotte et le Marquis.
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Le théâtre représente un salon chez les Cochois , le même qu'au premier acte, moins le canapé. Deux portes à droite; la première indique la chambre de Loulou, la seconde celle de Babet. A gauche, une petite table garnie de son flambeau allumé. Un fauteuil à droite, et dix chaises rangées dans le fond. Il est onze heures du soir.