‹ [Magasin théâtralChapitre 1206 sur 1545 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CHICHOTTE, LOULOU*, BABET, M"^-^ CO- CHOIS , MARIONNETTE, GOGO, LE PÈRE COCHOIS.

LOULOU, tenant Chichotte par la main.

Nous voilà !

LE PÈRE COCHOIS. Comment! tu n'apportes pas le souper, toi ?

LOULOU. Le souper, papa! je ne l'ai pas vu.

CHICHOTTE , à part. Impossible de faire sortir le marquis !

MARIONNETTE, hus, à Gogo. LaissB-moi faire : je vais la mettre au pied du mur. {Haut, à Chichotte, avec un faux air de bienveillance.) Belle-sœur, est-ce que vous ne nous donnerez pas un échantillon de votre superbe talent? Loulou nous en a dit des choses merveilleuses.

LOULOU. Pyramidal.es! — Voyons, Chichotte, donne-leur un petit quelque chose.

CHICHOTTE, à part. Me voici très-embarrassée... [Haut.] Demain... plus tard...

GOGO. Quel dommage!. [Bas, à Marionnette, lui cognant le coude.) Elle n'est pas plus sorcière que nou.s. Laisse-moi faire, à mon tour. [Haut.] Bellc-sœiir Chichotte, je me demandais, à part moi, si vous pourriez faire apparaître ici nos adorateurs...

MARIONNETTE. Et Icur faire dire s'ils nous épouseront.

LOULOU. Je vois avec bonheur que tu n'oublies pas un instant le bon principe, toi. Marionnette.

MARIONNETTE. Jamais.

CHICHOTTE , à part. Jc sais leurs noms. Prenonsde grandsairsdemagicienne. [Haut, et s avançant vers chacune d'elles; à Gogo.) Le baron de Swêerts, n'est-ce pas'.' {A Marionnette.) Le comte Ivan? (.1 .Ca6e/.)Etle marquis d'Argens?

MARIONNETTE, regardant Gogo avec étonnement. Tiens!

• Ils sont rentres par la gauche.

LA FAMILLE COCllOIS.

GOGO. Tiens ! liens* !

CHICHOTTE, à fart. C'est parfait! j'ai le marquis sous la main. [Haut.] Vous me demandez là quelque chose de difficile !

LOULOU, avec importance. Difficile! difficile!

LE PÈRE COCHOIS. Tu cs donc fourré là dedans, toi ?

LOULOU. Pas encore, papa; mais je sens déjà que c'est d'une... certaine difficulté.

CHICHOTTE. Attendez!...

LOULOU. Attendons!.... {A Chichotte.) Hein?**

CHICHOTTE. Approchez, belle Babet...

[A tous. ) Il faudrait , je crois , commencer par l'aînée.

LE PÈRE COCHOIS. Je crois, moi, qu'il vaudrait mieux commencer par le souper.

LOULOU. Vous interrompez le charme, papa... Approche, belle Babet. . . ceci est grave!

M""" COCHOIS. Ta gravité me fait rire. . .

BABET, gracieusement. Je crois à l'esprit, à l'amabilité de madame, mais je ne crois pas à sa magie. [Souriant.) Vois d'ailleurs. Loulou, à quoi tu nous exposes : notre souper de famille est trop modeste pour des seigneurs.

LE PÈRE COCHOIS. Vaniteuse!

LOULOU, comme inspiré. Ohl... qu'à cela ne tienne! j'ai un homard.

TOUS. Un homard!

LOULOU. Et un poulet.

TOUS. Un poulet !

LOULOU. Un homard et un poulet... de carton.

TOUS, raillant***. Oh!...

LOULOU, piqué. Oh! oh!... je vous dis, moi, que pour des ombres c'est fort présentable.

LE PÈRE COCHOIS. Vcux-tu te cacherl...

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Les Mêmes.

Quatre marmitons apportent un splendide souper sur une grande table qu'ils placent au milieu du salon. Étonneraeut général. Grande joie du père Cocliois, qui tourne autour de la table et en admire le brillant service.

M'"^ COCHOIS. Qu'est-ce que cela signifie?

LE PÈRE COCHOIS. Ma femme, il ne faut pas se fâcher ; tu vas voir si je boude , moi. Mes enfants, ^ oyez donc, mais voyez !

Tous, excepté Ciiicotte, regardent avec surprise et plaisir. Les marmitons rangent dix sièges autour de la table. Loulou, les yeux lixés sur Chichotte, cherche à pénétrer ce mystère.

* Loulou, Babet, Chichotîe, Marionnette, Gogo, le père Cochois. Mnif Gochois s'occupe de quelques détails dans 1 appartement.

Mme Cochois vient se placer à la gauche du père Cochois.

'•' Eulrccdola table.

CHICHOTTE , à part. Je ne me doute pas de ce que ce peut être ; mais emparons-nous de la circonstance au profit de ma magie : advienne que pourra ! [Haut. ) Vous le voyez, incrédule Babet*...

LOULOU , triomphant. J'en étais sûr !

Depuis un quart d'heure je voyais le souper... se mitonner dans ses yeux. . . Chut ! elle va parler.

CHICHOTTE , à Babet. Ne rougissez plus , ma toute belle, vos souhaits sont accomplis : l'ombre du marquis peut assister à un festin digne de Balthazar.

LOULOU. Magnifique et pas cher !... Oh Babet, vois donc!... c'est délirant, ma Chichotte, délirantissinie!...

LE PÈRE COCHOIS. Est-cc quc uous u'arroserons pas ?

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