SCENE PREMIERE
ETIENNE, TRÉGUS, entrant.
TRÉGUS. Venez ici, nous serons seuls.
ETIENNE. En effet!
TRÉGUS. Par le ciel ! qui a pu vous conduire au milieu de cette fête ?
ETIENNE. Une entreprise que la trahison a fait échouer. J'allais même repartir, lorsque votre rencontre m'a retenu et m'a fait concevoir une nouvelle espérance.
TRÉGUS. Vous m'avez demandé si je connaissais une vingtaine de gentilshommes prêts à un coup de main en faveur de la noblesse, . .
ETIENNE. Et vous ne m'avez demandé qu'une heure pour les réunir.
TRÉGUS. Il ne m'a pas fallu la moitié de ce temps ; mais j'ignore encore votre projet.
ETIENNE. Vous allez le connaître. L'avantgarde des révoltés assiège la porte Saint- Similien?...
TRÉGUS. Oui, mais les archers du duc la gardent au dedans.
ETIENNE. Je le sais. Vous avez averti vos amis?
TRÉGUS. Ils viennent de quitter la fête et nous attendent près de la cathédrale.
ETIENNE. Armés?
TRÉGUS. Armés.
ETIENNE. Bien. . . Nous allons les rejoindre, nous mettre à leur tête, surprendre la porte Saint-Similien et l'ouvrir aux révoltés.
TRÉGUS. Un coup si hardi ! . ..
ETIENNE. Les plus hardis sont les plus sûrs, car ce sont les moins prévus.
TRÉGUS. Mais si nous échouons?
ETIENNE. Auriez-vous peur ?
TRÉGUS. Moi ? vous allez pouvoir vous en assurer, messire. Partons.
ETIENNE, apercevant Landais. Prenez garde.
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