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I.A MAliN DROITE ET LA MAIN GAnCiîK

CLAIJS.

Tenez, madame, ce n'est ni sur mer ni sur terre que nionsicur Wilfiid songe à aller en ce moment.

LA COMTESSE

Et où donc?

CLAUS

Au bal de la reine.

-LA COMTESSE

Au bal de la reine, dites-vous?

CLAUS

Oui, mais il faut être baron, duc, prince pour y ôtre reçu.

LA COMTESSE

Et son désir d'aller à ce bal est grand?

CLAUS

Immense.

LA COMrESSE.

11 est si tard ! le bal a lieu ce soir.

CLALS.

Et s'il n'était pas si tard , vous pourriez

LA COMTESSE

.Te ne dis ])as cila. Doniicz-moi, donnez-moi protnptemcnt la (leur que vous disiez.

CLAUS

Une anémone.

LA COMTESSE

Une anémone. Soit! donnez!

CLAUS

J'ai mieux qu'une anémone; une branche de jasmin de Virginie produirait un très-bel efTetsur une parure de bal.

LA COMTESSE

Encore une fois, une dernière fois, allez me chercher une fleur, la fleur qui vous plaira. Je vous l'ordonne.

CLAUS

J'obéis madame.

Clans sort.

LA COMTESSE, seule.

Aurai-je le temps de faire ce que j'ai dans la pensée? [Elle regarde l'heure à sa montre.) ^\on Dieu! qu'il est tard ! Aller au château , chercher la personne que j'ai besoin de voir, écrire ou envoyer du château Et il ne revient pas!

Puisqu'il ne revient pas partons! Encore dix

minutes et il ne serait plus temps !

Tandis que la comteso sort par urio porte, Clans entre par l'autre.

CLAUS

Voilà, madame, une superne branche d'amaryllis Elle n'est plus là. Voilii bien les femmes!

elle a balancé entre toutes les (leurs do l'.oseiidnl, et elle est i»artie sans en emporter une seubi. Pourquoi est-elle donc venue? Pect-être l'aperce-

vrai-je encore par celte croisée. ( Il regarde par la croisi'e. ) .Viais, je ne nie Ironipe pas, c'est le comte Norberg qui vient, l'^t moi qui avais oublié la recomiii.indalion du [iri-ce liermann. Sonnons vite. [H tire le rord-n de !a .';t:-iinctte.) Ah !

les voici tous les deux. Eiu'.om le. Noib'jrg et le prince liermann Je me letire.

SCÈWE XI.

HERMANiX, NOREERG.

NOKBERG.

Je supplie votre gracieuse majesté d'excuser le dérangement que je lui cause.

iiE!\JLi>;.\ , confus.

J'étais occupé à donner quelques soins à mes

fleurs je j'arrosais; c'eU mon plaisir. (A

part. ) Comme il m'appelle luajeslé! 11 se trompe.

NOKBEUG.

Votre majesté a-t-elle réfléchi à l'entretien que nous avons eu?

nEK.MA\.\.

Oui, vous m'avez ouvert les yeux Ainsi la

reine et le comte Eric^'cntendcnt pour m'écarter du trône?

NOIIBEUG.

Sans compter ces jeunes femmes qui sont l'armée dont la reine et le comte Eric sont les chefs.

nEHMAN.\.

Ces dames sont donc bien influentes malgré "leur teint si délicat?

NORBERG

Ces dames ont des cousins, des frères, des amia placés ou à placer.

IlERMAKN.

Mais alors à vous en croire

NOUBERG.

J-ai vu moi-même, majesté...

UERMANN.

Que ces dames avaient dos

NOUBERG.

Elles en ont.

HERMANN

Et des preuves?

NORBERG

La comtesse Banner doit porter ce soir au bal dans ses armes une pervenche éclose sur un champ d'azur, et le baron de Plorn, son admirateur

UEUMANN.

C'est ce que je vais savoir tout de suite. {Il va prendre le registre sur la table. ] On inscrit dans ce livre, à côté du !iom des seigneurs, les fleurs qu'ils ont einportées d'ici. [Il lit.) « Le baron de Horn a fait cueillir une pervenche.» Comte, c'est on ne ]>eut plus exact. Et quel est celui qui portera ce soir une (leur semblable à celle de la reine?

NOIiBKllG.

J'ai appris ce matin que la seule rose Dorothée

qui existât c'est la flci.T, prince, choisie par

la reine allait être tirée au sort par les membres du cercle des chevaliers de la reine.

UERMANIV.

Et qui l'a gagnée?

NORBEUG.

Votre majesté.

UERHANN.

Je n'y étais pas.

NORBERG

On y était pour vous.

HERMANN

Qui donc?

NORBERG

Cinq mille livres Nous avons acheté le

hdsaid.

HERMANN

Vous avoz gagné un membre?

NOUBERf,.

Qui a gagné la rose. J'aurai l'honneur de la remettre à votre majc-té. Devant lîric, devant toute la Suéde repré^enlée par sa noblesse, vous l'offrirez ce .'•oir a la reine et vous aurez ainsi

l'hoiuicur d'êire son chevalier Ce triomphe

iroiii(iue Confondra votre enne^ni, le comte Kric... , C'est avec le; bon sens qu'on tue les gens d'esprit. Eric mourra do honte, le dard restera, (J part.) AVilliem et son aventurier feront le reste.

HEKMANN. ,

C'est un trait de génie.

.NO.HBERG.

Je n'ai pas encore dit à votre majesté le motif qui m'appelle ici.

IIERMAXN.

Je vous écoute.

^ORBERG.

J'ai pénétré dans les projets les plus ténébreux du cercle des chevaliers de la reine, protégé par le comte Eric, et je liens un billet qui vient d'être écrit à l'instant par un membre à un autre membre.

HERMANN, prenant, la lettre et l'ouvrant. A part.

Encore Wilfrid!

Haut et lisant.

<f Cher Donald !

» Je suis désespéré... Ce n'est pas moi, tu en as » été témoin, qui ai gagné la rose Dorothée... Je » ne verrai i»,is la reine ce soir à son bal... IMon )) grand projet est dotic manqué. » (.4 part.) !\Iais ce projet quel est-il? { Haut et continuant.) (< Je ne l'en avais pas faif. la confidence, mais tu » l'avais dcxiné — Combien de fois n'es-tu pas » convenu avec moi que la reine avait été forcée » de se marier .m prince Ilermann! Eh bien! ce » soir, en digne chevalier, je me proposais de la » venger... J'aurais jeté au milieu de ce bal un » ouiiageanl defi au prince Ilermann. Il porte

» une épée, j'en ai une nous les aurions croi-

» sées, et au niAine instant j'aurais perdu la vie » sous les yeux de la reine, ou je laur/iis rendue » l'ibie. M (A part., lîéni soit le ciel! son nom n'est pas au bas de cette lettre! [Achevant.) a Cher Donald, un autre a été plus favorisé que • moi. Comniuni(]ue-lui mes projets, je lui en » laisse la gloire. «Comte Norberg, j'irai à ce bal. NOnBF.nr,.

J'aurai donc l'honneur d'assi.'«îcr .lu ttioinplic qui vous attend sur lesruinis liu comte. {A part.) Eric, à loi la reine, à moi le roi. [Haut.) En me

retirant je dépose mon respect aux pieds de votre majesté.

Il se retire.

Rodolphine! Rodolphine!... pour que je lui parle de son tils.

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