‹ [Magasin théâtralChapitre 1361 sur 1545 · HERMANN, PALMER · texte numérisé non relu

HERMANN, PALMER

PALMER

Est-ce un vœu que monsieur accomplit?

HERMANN

Pourquoi celle queslion?

PAinER.

C'esl que vous semblez aller en pèlerinage , marchant ainsi à reculons.

HERMANN

Mon ami, je vais comme il me plaît. (H pousse un cri de surprise,^ Mais, que porlez-vous donc à votre boutonnière?

PALMER

Une rose, ainsi que vous pouvez voir.

HERMANN

Et vous la portez sans doute pour quelque raison?

PALMER

Mon ami parce que cela me plaît, comme vous d'aller en biaisant.

HERMANN

Cependant, monsieur, il ne peut y avoir ici deux roses exactement semblables.

PALMER

J'allais me permettre , monsieur, la même réflexion. (A part.) Ai-je bien fait de la ramasser 1 Me voilà lancé dans une superbe intrigue.

La mienne est la vraie.

PALMER

Je vous assure que la mienne n'est pas fausse.

HERMANN

KUcsne peuvent pourtant pas êtes vraies toutes les deux.

PALMER

Pourquoi non?

HERMANN

Parce qu'il n'en exi.«ilequo deux de celle espèce: l'une , celle qu'a la reine; l'autre, celle que j'ai. La vôtre serait une troisième.

PAiMEu, à part.

La reine! est-ce ([uc la reine peut ôtrc ici? Serait-ce la rose de Dorollioe î... Aurais-je affaire a un fou, ou à un clievaiicr île la reine? dans tous les cas, ce n'est p.is Wilfrid.

uKiiM \NN, à part.

Me serais-je conimis avec (pielque aventurier?

PAI.MER

Monsieur, qui ètcs-\ous?

HERMANN

Je vous défie bien de le deviner; et vous?

Je ynu donne mille ans pour sou|içonnfr seulement qui je .suis. Mais puis(]ue nous voila aussi instruits l'un que l'autre sur nos personnes, conte>tez-moi maintenant, si vousl o ez,le privilège auquel me donne droi t celte rose.

HËHMA.NN.

La reine décidera.

PALMKR.

Je le veux bien. {A part.) Elle est donc ici?... {Haut.) Mais connaissez-vous la reine?

HERMANN

Un peu. — Et vous î

PALMER

Davantage. Je m'en rapporte toutefois à votre clairvoyance pour la découvrir dans la foule. [A part.) Ohl si je pouvais la voirl...

HERMANN

Je n'aurai pas grand mérite à cela, puisqu'elle doit avoir à la main ou placée dans les cheveux une rose semblable à la mieime.

PALMER

Ou à la mienne.

ÉRIC, traversant la scène.

EnGn, j'ai le moyen de nous en délivrer. Cette fois, Palmer.je te tiens. {Apercevant Hermann.) Le prince Hermann à présent.

HERMANN

Voici quelqu'un qui saura nous dire de quel côté est la reine.

Il s'approche d'Éric et cause bas avec lui. PALMER, à part.

Mais, je m'en souviens à présent, oui, j'ai parlé avec une dame qui avait une rose à la main; celle qui ressemble tant a sa sœur; charmantes sœurs, qui toutes deux m'ont rappelé... Est-ce que ce vin d'Espagne me travaillerait l'imagination ? non! j'y ai à peine goûté du bout des lèvres. Il s'adresse à Éric... Éric m'aurait donc caché la présence de la reine chez lui. 11 m'a caché tant d'autres choses !

Éric sort.

HERM.VNN.

Dans un instant nous verrons paraitrela reine.

PALMER

Enliu!

HERMANN

Le comte Eric m'a assuré que sa majesté portailses pas de ce coté. Monsieur est encore à temps de renoncer au défi qu'il m'a porté.

PALMER

Plutôt renoncer à la vie... il est vrai que c'est la chose à laquelle je tiens le moins. HERMANN, à part.

Sa ft-rmcté me confond. ( Haut. ) 11 n'est plus temps d'éviter la confrontation. Voici la reine.

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