JEANNE, TOM, GEORGES
TOM. Voici la maison de Jeanne.
GEORGES. Je vais entrer seul d'abord
toi, Tom, ne t'éloigne pas.
Toft. Je serai là sur le chemin.
GEORGES. C'est bien!.,.
Tom redescend la route. Georges va frapper à la porte.
JEANNE. On frappe!... qui peut venir à cette heure... Berthol entrerait sans frapper. , Si c'était Tom ! [Elle court ouvrir; reculant saisie.) Georges!
geor(;es. Jeanne, ma sœur!
JEANNE. Mon frère!... {Elle se jette dans .fes bras.) Je suis sauvée, n'est-ce pas?
GEORGES. Oui, sœur, puisque la Providence m'avait empêché de partir... {La considérant.) Comme tu es changée!
JEANNE. J'ai tant souffert !
GEORGES, regardant la chambre. Et c' cal là ta misérable demeure?
JEANNE. La misère n'a pas été le plus grand de mes maux...
GEORGES, la prenant dans .ses bras, en pleurant. Pauvre Jeanne! pauvre sœurl
JEANNE. Prends garde, Georges !
LES ORPHELINES D'ANVERS
GEORGES. Qu'as-tu? quelle est cette
meurtrissure.. . est-ce qu'il t'aurait frappée? Mais où est-il donc, que je le tue?...
JEANNE. Ne songe pas à me venger, mais à me délivrer, frère.
GEORGES. Tu as raison, sœur... Et tu restais dans ce malheur épouvantable !
JEANNE. Oh! non, j'allais fuir, seule, tremblante Tiens,... {Lui donnant sa lettre.)
Lis ce que j'écrivais.
GEORGES, après avoir lu. Tu voulais faire croire à ta mort?...
JEANNE. Oui , car autrement il m'aurait poursuivie.
GEORGES. Pour te tuer.
JEANNE. Non, pour me ramener ici, et m'y faire souffrir encore.
GEORGES. O Jeanne! il y a dans cet homme qui nous a trompés quelque chose d'infernal, et je dois annuler voire union... Mais, pour cela, sœur, il faudra dire nos noms devant la loi, et malheureusement il y a, dans l'histoire de notre père, dont tu ignores le nom, quelque chose qui ne peut se révéler encore. Laisse donc cette lettre ici, que Berthol croie à ta mort, et partons ensemble ; je t'emmènerai d'abord dans un pays où cet infâme n'aura plus de droits sur toi, et je reviendrai le trouver, moi.
JEANNE. Et te battre avec lui ?
GEORGES. Oui. ..Oh! mais rassure-toi; celui qui ose frapper une pauvre fille comme toi sera sans doute trop lâche pour accepter le combat... Viens, sœur, viens, je vais te conduire près de Marie.
JEANNE. Marie! elle est vivante?
GEORGES. Oui, je l'ai vue.
JEANNE. Tu l'as vue?
GEORGES. Marie ne te quittera plus désormais.
JEANNE. Marie! tu vois bien, Georges, que peu imp(H"le la misérable demeure; la bonté de Dieu sait arriver partout.
GEORGES. Oui, sœur!
'VV\'\V\'WVVVWVWVWWWWXVVVW Wl-WVW V
wvvwvvw/vv%\vvw