‹ [Magasin théâtralChapitre 148 sur 1545 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

MARIE, puis L'ÉCONOME.

marie, Hule. oh! ma tête, deviens calme, et souviens-toi bien! Une aumônière dans laquelle sont brodés deux noms doit désigner la fille que cherche le prince , et cette

fille étaii orpheline d'Anvers mais cette

fille... c'est moi... ou Jeanne... Jeanne ou moi, l'une de nous deux, mais laquelle... et cet homme terrible, qui m'a volé la lettre révélatrice, m'a pris aussi cette aumônière qui me désigne à' lui pour la tille qu'on cherche. Ahl je devine maintenant son projet inferual ; mais le ciel ne veut pas qu'il s'accomplisse, car il vientde m'instruire...Et Jeanne, ma pauvre Jeanne . qui ne sait rien de tout cela! Jeanne, qu'un é]>oux torture! Si je courais tout dire au prince ! Tom est officier de ses gardes... il pourrait me conduire auprès de lui., mais Tom est absent.. . Si je racontais tout à ceux qui m'ont secourue.... et si j'allais commettre une imprudence... A qui demander conseil?. .. que faire? Et d'ailleurs je ne puis rien tenter, rien résoudre, sans avoir consulté Jeanne... Je sais où la trouver maintenant, elle et ses deux défenseurs... Je ne puis attendre, et quand Tom et son ami viendront au soir chez elle , si Jeanne, instruite de tout, le veut bien, nous pourrons

tout leur dire, en nous confiant sans peur à leur sainte loyauté. Par eux, nous pourrons, Jeanne et moi, nous approcher du prince, lui dire nos doutes... nos espérances, et lui désigner le voleur et l'assassin... {Apercevant VEconome qui entre.) Qui vient là?

l'économe. Venez, Marie; le prêtre est à l'autel.

MARIE. Je ne vais pas prier, je vais sortir.

l'économe. Sortir ! seule !

MARIE. Seule!

l'économe. Ce serait une imprudence !

MARIE. Non, non.

l'économe. Qu'avez-vous donc? comme vous êtes agitée !

MARIE. Ce n'est rien...

l'économe. Vous me trompez...

MARIE. Soyez sans crainte... Dieu me conseille.

l'économe. Vous êtes insensée...

marie. Non, je ne suis pas insensée, car je n'ai pas perdu la mémoire... Dans la forêt des Ormes, une maison isolée, qui appartient à Jean le journalier, c'est bien cela...

l'économe. Marie, je suis, moi, responsable de tout ce qui pourrait advenir... et je ne puis vous laisser sortir ainsi.

marie. Je vous en suppUe, si vous saviez....

l'économe. Quoi donc?

marie. Oh ! je ne puis vous le dire encore, mais laissez-moi sortir, car je mourrais ici, si l'on m'y retenait.

l'économe. Mais où voulez-vous .donc aller?

MARIE. OÙ je veux aller?... Tandis qu'on priera dans la chapelle pour que le prince retrouve sa fille , moi je vais aller mettre deux orphelines sur le chemin du prince, afin qu'il trouve entre elles la fille que Dieu lui garde. Adieu !

Elle s'échappe par le fond.

l'économe, avec stupeur. La fille du prince Guillaume!

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Dciwtcmc %abkaiu

Uhe petitR masure toute délabrée, et qui n'occupe que les dous tiers du théâtre; porte au fond; porte latérale au premier plan à droite, donnant sur la route; près de celte porte un sié^;»-. A gauche, en face de cette norte, une grande cheminée sur laquelle est accrochée une arquebuse etdcvant laquelle sont une table et un siège. QuelnuPS gobelets et pots d'itain. L'autre tiers jle la scène <st occupi' par une route qui , à partir du troisième plan , desceud dans un ravin, et qui a une issoe au premier plan à droite. Au fond, les arbres d'une forêt. La maisoa doit être misérable. La porte du fond s'ouvre sur des taillis, celle latérale sur la route.

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