‹ [Magasin théâtralChapitre 1542 sur 1545 · PLUSIEURS VOIX · texte numérisé non relu

PLUSIEURS VOIX

.Mathieu Ballard I Mathieu Ballard !

Mathieu Ballard regarde sa femme, qui baisse les yeut. Dès que le docteur est sorti du théâtre, le Fou habillé en femme ouvre un panneau , l'écolier rentre aussitôt et embrasse la femme du docteur. Éclats de rire dans la foule.

MATHIEU BALLARD, fuvieUX.

C'est une infamie!... c'est un mensonge!... drôles ! polissons!...

Sa femme se trouve mal et quitte la fenêtre ; il la suit au milieu des huées, la mèue-folle se lève de nouveau et étend son sceptre. Un Fou masqué paraît sur le théâtre. Comme la première fois, il salue l'assemblée ; il retourne l'écriteau à droite, sur lequel ont lit en gros caractères : tuagédie. Le Fou se retire. Le silence le plus profond règne dans la foule. Trois hommes masqués entrent sur le théâtre. Le premier est vêtu comme Burdéus, à son aspect Gairard se lève. Il se fait un mouvement général. Gairard jette un regard rapide sur Scraphine, qui détourne la tète; Urbain pose la main sur celle de son père. Un des hommes masqués porte le costume exact d'Esbaldi : l'autre, le costume exact (lu conseiller Gairard. Celui qui est vêtu comme Burdéus exprime par gestes qu'il va les quitter, le conseiller ch.ci-che à le retenir, il insiste : nouveau refus. i";itre un quatrième personnage habillé comme Urbain. Mouvement crénéral dans la foule, la mère-folle se lè^e et éle;i-l son sceptre. Profond silence. Le quatrième, =iir l'invitation du conseiller, joint ses instances

à celles qu'on a déjà faites a Burdéus. Celui-ci refuse formellement. Le conseiller lui fait signe qu'il va l'accompagner. Il sort avec lui. Le Fou habillé comme Esbaldi, et qui est resté sur le devant de la scène, tire un poignard caché sous ses vêtemens; il les suit. Le prêtre sort le dci nier. Tous les assistans se regardent et regardent Gairard ; celui-ci se dispose à quitter la fenêtre.

UN IIO.MME DU PEUPLE, uu milieu du silence général, crie d'une voix forte à Gairard, Restez !

Le Conseiller reste immobile à sa place; il est pâle et s'appuie sur la rampe du balcon; mais, faisant un effort sur lui-même, il relève la tète. Le Fou qui est entré le premier reparait sur le théâtre : il retourne l'écriteau placé à gauche ; sur l'autre côté on lit : le théâtre représente les bords de la rivière. Le Fou se retire. Entrent tfois hommes masqués, vêtus comme Burdéus, Gairard et Esbaldi. Les deux premiers causent ensemble en se donnant le bras ; le dernier marche derrière , la main sur le poignard qu'il a caché sous ses vêtemens. Burdéus et Gairard s'arr'tent ; le premier s'oppose à ce que l'autre aille plus loin, il lui fait ses adieux, ils se donnent des poignées de main. Burdéus s'éloigne : les deux autres se précipitent et le tuent à coups de poignard. Mouvement d'horreur et agitation dans la foule. Tous les regards se portent sur Gairard. Le Fou qui a joué le rôle de Gairard s'avance sur le théâtre ; il y reste, la tête tournée vers le balcon où sont le Président et d'autres magistrats, et la main droite étendue vers Gairard. Séraphine a baissé son voile et se leva pour quitter l'estrade.

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