MAURICE, ÉLISA, RENÉ, MICHEL, LE
MÉDECIN, Peuple, jnùs DESVARENNES et 3IATHIAS.
Entrent de la gauche à la droite des Porteurs qui tiennent un brancard sur lequel est étendu Maurice entouré de ses enfants et de René ; le peuple l'entoure avec compassion. On a descendu le brancard jusqu'au milieu du théâtre ; un médecin décoré est auprès de Maurice et de sa famille.
ÊLISA, au Médecin. 3Ionsieur, monsieur, je vous en conjure! répondez-nous, que fautil faire? et ne le sauverons-nous pas?...
LE MÉDECIN. Je ne dois pas vous le cacher, mademoiselle, il faudra une opération longue et douloureuse ; croyez-moi, ce n'est pas chez lui qu'il faut le ramener.
MICHEL. Mon pauvre père!...
ÉLISA. Mais n'avons-nous pas, Michel, ces deux livrets de la caisse d'épargne ?...
MICHEL. En effet.
RENÉ. Oui, nous serons soldats l'un et l'autre; mais qu'il soit sauvé, lui.
ÉLISA. Et surtout que sa fille soit là, toujours pour le secourir et lui faire oublier ses souffrances.
MAURICE, soulevant péniblement sa tête.
Non, non, mes enfants, c'est impossible; ces deux livrets ne nous appartiennent plus. Voyez, voyez cette affiche.
ÉLISA, Usant les premiers mots, «Six mille francs. »
MAURICE. Vous les avcz promis... et comment tiendriez-vous parole à celui qui vous rapporterait ce portefeuille ?
Pendant ce temps, Desvarennes a reparu au fond du théâtre avec IMathias. Il a repris tout son sang-froid ; \L déchire une feuille de son agenda, et écrit quelques mots.
DESVARENNES, descendant la scène versla droite et parlant bas à Mathias. Porte ce billet à l'instant, à l'instant même !
MATHIAS. Où donc?
DESVARENNES. Chez mou huissier !
LE MÉDECIN, à EUsa. Eh bien... où faut-il le conduire ?
MAURICE, se soulevant encore. A l'Hôtel- Dieu.
Il retombe évanoui. Cri de douleur des trois jeunes gens.
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