ACTE QUATRIEME
Un saloa chez Lionel. A droite un canapé ; à gauclie un secrétaire ; au fond la porte d'entrée conduisant à d'autres
salons où l'on danse lorsque la toile se lève.
SCÈ.NE PREMIÈRE.
JEAN et d'autres Domestiques.
Deux ou trois Domestiques traversent le théâtre, et vont porter des rafraîchissements dans les salons voisins . Jean redescend la scène avec un autre. La musique du bal continue pendant les premières phrases qui vont se dire.
JEAN. Six heures du matin ; presque tous les invités ont déjà demandé leurs manteaux et leurs pelisses... on en est probablement au dernier quadrille, et tout h l'heure...
LE DO^iESTiQUE. Tout à l'heurc nous pourrons aller nous coucher.
JEA^^ Mon pauvre maître , enfin donc je le vois plus heureux, plus cabiie, et, Dieu merci, corrige de tous ses défauts, revenu de toutes ses folies.
LE DOMESTIQUE. Il a donc été autrefois. . .
JEAN. Oui, un dissipateur, unjoueurmême, et c'est là ce qui souvent m'a fait trembler pour lui ; mais à présent, je suis tranquille ; changement total, révolution complète...
c'est la raison, la sagesse même; actif, économe, rangé... il em|)loie son argent à faire du bien, et jamais à autre chose; il a créé un établissement industriel, une fabrique qui est eu pleine prospérité, et qui fail vivre cent ouvriers ; c'est pour ça (jue nous avons quitté la Cliaussée-d'Anlin, pour venir loger dans ce quartier, su faubourg Saint-Antoine, au centre de nos travaux!... Et ce bal même, le premier que nous ayons donné depuis ces dix-huit mois. . .
LE DOMESTIQUE. Eh bien, ce bal...
JEAN. 11 a encore un but de bienfaisance, d'humanité! Oui, ce soir, dans ces salons, à la suite d'une valse, on vient de faire une quête pour les familles dos blessés et des morts du dix-septième léger.
LE DOMiSTiQUE. Ail! oui, cc régiment qui revient d'Alger, et qui sera à Paris dans trois jours !
JEAN. Dans trois jours, la souscription faite à notre bal sera remise dans les mains du colonel. C'est à qui a pu donner la somme la plus forte ; ces dames ont jeté là-dedans jusqu'à des parures de diamants ; et, tiens , voilà qu'on apporte dans ce secrétaire le montant de la collecte... C'est M. Dominicpie qui en est chargé.
LE DOMESTIQUE. Dominique !
JEAN. Notre nouveau camarade, ou plutôt notre second maître... [Entrée de Dominique) Car lui, le dernier venu, il est déjà plus que nous tous, plus que moi-même dans la maison. Je n'aime pas ce Dominique, je m'en défie. . . et c'est le seul tort que je reproche aujourd'hui à monsieur Lionel.
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