‹ [Magasin théâtralChapitre 2 sur 1545 · SCENE PUE!MÎKIU · texte numérisé non relu

SCENE PUE!MÎKIU

CATARINA, LE PASTEUi;.

Catarina, assise, tient sur ses genoux un enfant endormi, encore au maillot.)

LE PA&TEUK, Et VOUS médisiez qu'il aura deux ans...

^.ATARI^A. Vienne le jour de la nati-

vité.

LE PASTEUR. Que Notre-Seigneur lui soit en aide ! IVTaintenant , ma fille , déposez donceinent cet enfant dans son berceau, et prenez garde d'iiiteri-omprc son smnnicil.

MAGASI.N I UEATHAU

CATARIMA , se le^Hiiit et se dingeam soii.i la t^oûte. Si je IVinbrass.ûs sans l'ôvriller.

LE PASTEUR. El si vous rrveillipz en l'embrassant,.. Sonp,eï (|ue la Providence a donné anx enfans le sommeil pour remède à leurs maux... Ne risquez pas d'éveiller le mal, eu éveillant l'enfant. Croyez-moi, Caiarina, plus d'inquiétude pour lui... et songez bien que je l'ai vu naître... que cliaque jour, je le vois sourire à mon approche... que je l'aime presque autant que vous pouvez l'aimer... et que je ne serais pas aussi calme s'il était en danger.

CATARiNA. Obi oui... vous l'aimez bien, n'est-ce pas?

tE PASTEUR. Comme si j'étais son grandpère!

CATARIISA. Et s'il était assez malheureux pour devenir orphelin, vous auriez soin de lui, n'est-ce pas?

LE PASTEUR, Oui, ma fille.,, mais vous êtes tous deux si jeunes, et je suis déjà si vieux, que vous devez vivre long-temps encore après moi,

CATARINA. Peut-être...

LE PASTEUR. Poiuquoi de si tristes pensées?..

CATARINA. C'est que le pressentiment d'un malheur me fait souffrir, mon père.

LE PASTEUR. Auriez-vous a[)pris à douter de l'affection de votre époux , Gaspard© ?

CATARINA. Oh ! non , mon père ! Gas pardo est toujours ce que je l'avais jugé d'abord; brusque, mais sensible., violent, emporté, mais loyal et généreux.. . et nous nous aimons plus encore qu'au premier jour,

LE PASTEUR. Qu'est-ce donc alors, ma fille?..

CATAiiiNA. Il y a bientôt un mois que la gondole du duc Visconti, le gouverneur, s'est engravée sur le bord du lac, et tandis que ses rameurs la remettaient à flot, le duc est venu se reposer ici.

LE PASTEUR. Et VOUS y étiez?.,

CATARiivx. J'y étais.

LK PASTEUR. Et, .saiis doute , il est revenu depuis?

CATAiiINA. Tous les jours.

LE PASTEUR. Et Gaspardo...

CATARINA. Gasj)ardo va jeter ses filets dès le point du jour, porte, pendant la [ournée, son poisson au marché de la ville, passe une partie de ses nuits à la taverne, et tandis que, confiant, il m'abandonne ainsi, le duc vient m'accabler d'un amour que mon dédain semble augmenter en- <orr... .î'ai p>i, jnsqti'alors, cacher ii (f,is-

pardo mon trouble, ma frayeur; mais un jour, mon père, il découvrira tout, et ce même joui, la violence de sa haine pour les nobles et la force de son amour

pour U)oi se réveilleront en.senible il

attaquera le gouverneur en lace... Le }',ouverneur, qui t liarge de sa tléfense ses valets, ses assassins Ga.^paido deviendra

leur victime.,, mon père; ei je sens que si Ga.spardo meurt, je ne pourrai lui survivre.

LE PASTEUR. Ne désespérons pas, Ca tarina.

CXTARINA. Hélas! mon père, tant de maliieurs nous ont atieinLs depuis que le duc de Milan a nonnné son fils gouverneur de Plaisance...

LE PASTEUn. Vous avez raison , m«n enfant... avec cet homme sont venus nos

malheurs Prenez gavde , ma fille, et

suivez mon conseil...

CATARINA. (^)ue faut-il faire, mon père?

LE PASTEUR. Exiger d'abord que Gaspardo reste sans cesse auprès tle vous... el dans qnehpies jours, il vous faudra tous deux quitter Plaisance.

CATARINA. Oli ! oui, mon père!., mais comment décide r Ga-^^paido à quitier .sa cabane et le sol de Plaisance, où il est né? Comment I y décider sans éveiller ses soupçons ?

LE PASTEUR. Nous chercherons un nioven.

QOQQWQ^^WwWûttW^i^Wfc

îlQiQOOO^OftOtMy^tWtt^

Page 1